Le bailleur social Marseille Habitat a été mis en examen notamment pour "homicides involontaires par violation délibérée d'une obligation de sécurité" dans l'enquête sur l'effondrement mortel de deux immeubles à Marseille en novembre 2018, a-t-on appris mardi auprès du parquet.

La société d'économie mixte de la ville de Marseille a également été mise en examen pour blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui, a indiqué à l'AFP la procureure de Marseille Dominique Laurens, confirmant une information du site d'information locale Marsactu.

La présidente de Marseille Habitat depuis le changement de majorité à l'hôtel de ville lors des dernières élections municipales, Audrey Gatian, "sera entendue en tant que représentante morale", a expliqué Mme Laurens.

La mise en examen de la société d'économie mixte de la ville de Marseille est la première dans ce dossier.

Il y a quasiment deux ans jour pour jour, deux immeubles de l'hyper centre populaire de Marseille, aux 63 et 65 de la rue d'Aubagne, s'étaient effondrés, faisant huit morts. Ce drame avait mis en lumière l'ampleur du problème des logements insalubres dans la deuxième ville de France dirigée pendant 25 ans, jusqu'à l'été dernier, par le maire LR Jean-Claude Gaudin, autour duquel s'était cristallisé les critiques.

L'accès au numéro 63, immeuble à l'abandon, avait été condamné à la suite d'une procédure d'expropriation l'ayant attribué au bailleur social municipal Marseille Habitat en 2017, avait alors indiqué le parquet. L'immeuble situé au 65 était quant à lui une copropriété privée.

Des nombreux signalements sur le mauvais état des deux bâtiments avaient été effectués par les habitants auprès de leurs propriétaires, du syndic, de la mairie ou encore des experts judiciaires intervenus au cours de différentes procédures.