Un incendie s'est déclaré samedi matin dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes. Voici ce que l'on sait:

- L'incendie

L'incendie a été découvert samedi vers 07H45 par des passants, qui ont vu des flammes sortir de la rosace de la façade de la cathédrale. Il a été circonscrit peu avant 10H00 par les sapeurs-pompiers. Selon le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès, il y a eu "trois points de feu distincts" à l'intérieur de la cathédrale, "à une distance conséquente les uns des autres".

Le foyer principal a touché le grand orgue situé au niveau de la façade occidentale, à l'entrée de la cathédrale. Les deux autres sont situés de l'autre côté de la cathédrale, l'un à droite de la nef, l'autre à gauche de l'autel. "Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale", selon le procureur.

- Une intervention extérieure ?

Selon le procureur, qui a ouvert une enquête pour "incendie volontaire", il n'y a aucune trace d'effraction. D'où le placement en garde à vue d'un bénévole chargé "de fermer la cathédrale vendredi soir".

L'organiste de la cathédrale, Michel Bourcier, 56 ans, "a fini de jouer à 21H00 vendredi", a-t-il dit à l'AFP, alors que la cathédrale est fermée au public à 19H00, car les organistes répètent durant les heures de fermeture pour ne pas gêner. "Je suis descendu de ma tribune pour finir ma répétition, tout était parfaitement normal, très calme", a-t-il précisé.

- Qui est ce bénévole ?

Selon le recteur de la cathédrale, le père Hubert Champenois, qui le connaît depuis "quatre ou cinq ans", il s'agit d'un Rwandais de 39 ans, servant d'autel, "venu se réfugier en France il y a quelques années. Il a fait quelques démarches pour avoir ses papiers comme des centaines d'autres". L'organiste dit "apprécier beaucoup cet homme extrêmement aimable, courtois, à l'écoute et d'une gentillesse infinie. Il parle très bien français avec un accent africain charmant".

Selon le procureur, "toute interprétation qui pourrait impliquer cette personne dans la commission des faits est prématurée et hâtive". En l'état de la procédure, "il n'y a aucun élément qui rattache directement mon client à l'incendie dans la cathédrale", a affirmé Me Quentin Chabert, l'avocat du gardé à vue.

- Qu'est-ce que l'incendie a détruit ?

L'orgue et le buffet d'orgue qui datent du XVIIe siècle ont été détruits. "On a beaucoup de dégâts au niveau de la tribune de l'orgue, c'est un tas de bois calciné, de pierres éclatées", a expliqué Valérie Gaudard, conservatrice régionale des monuments historiques à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) des Pays de la Loire. Tout comme un tableau d'Hippolyte Flandrin du XIXe siècle. "Il y a des choses irrécupérables, comme le tableau d'Hippolyte Flandrin, Saint Clair guérissant les aveugles, il est perdu définitivement. C'est un grand chagrin", a déclaré la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, venue sur place samedi.

L'incendie a aussi détruit "une partie des stalles du chœur et les vitraux de la façade, dont une partie était les vestiges de vitraux du XVIe siècle", a ajouté la conservatrice. "On a aussi la zone du transept et du chœur qui ont été très touchées", a précisé Mme Gaudard, selon laquelle "des pierres sont dans un état très instable".