Incendies dans le Gard: les feux maîtrisés, l'enquête se poursuit

Publié le à Générac (France) (AFP)

L'enquête se poursuit samedi après la libération de deux personnes interpellées vendredi dans l'enquête sur l'incendie qui a brûlé plus de 300 hectares de forêt vendredi à Générac dans le Gard et coûté la vie à un pilote de bombardier d'eau.

"Les deux personnes qui ont été interpellées hier et placées en garde à vue à Générac ont été remises en liberté" vers midi, a précisé le procureur de la République de Nîmes, Eric Maurel à un correspondant de l'AFP.

Un peu plus tôt, lors d'une conférence de presse à la base aérienne de la sécurité civile à Nîmes, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait indiqué que vendredi "au moment du deuxième incendie de Générac" deux personnes avaient été placées en garde à vue. "Il y a eu le signalement de trois personnes qui auraient pu être incendiaires: deux personnes ont été interpellées et des éléments de l'enquête semblent laisser penser qu'elles peuvent être responsables", avait-il détaillé.

Mardi et mercredi un premier incendie avait déjà frappé Générac ravageant 500 hectares de forêt. "Nous avons retrouvé sur site des éléments qui semblent caractériser l'intentionnalité, le caractère criminel de l'incendie", a annoncé M. Castaner.

Pour le maire de la commune Frédéric Touzellier, il ne faisait aucun doute vendredi que le feu était d'origine criminelle. Vendredi entre huit et dix départs de feu quasi simultanés, entre 14h30 et 15h00, ont été recensés par les secours au sud de Nîmes, entre Saint-Gilles et Vauvert. Parmi eux, ce nouveau départ à Générac, encore au bord de la D14, comme pour l'incendie de mardi, incendie pour lequel le procureur de Nîmes avait clairement privilégié la piste criminelle.

"Nous ne laisserons passer aucune enquête et nous mettrons tous les moyens à chaque fois qu'il y a un incendie pour que ceux qui de façon irresponsables font courir des risques à la vie de celles et ceux qui combattent les feux et ceux qui vivent sur ce territoire (...) soient systématiquement appréhendés et mis à disposition de la justice", a ajouté le ministre.

Le feu qui a été fixé samedi matin est toujours sous surveillance. 449 sapeurs-pompiers et 140 véhicules restent engagés pour éviter tout risque de reprise, ont expliqué les pompiers du Gard.

A Vauvert, où un autre feu s'était déclenché vendredi, les opérations d'extinction et de noyage se sont poursuivies toute la nuit. De nombreux points chaud ont été traités. "Le feu n'a pas progressé mais reste sous étroite surveillance", a indiqué samedi la même source. Un troisième incendie à Montignargues a été éteint après avoir parcouru 11 hectares.

"La situation météorologique reste particulièrement défavorable et toutes les conditions sont réunies pour que de nouveaux feux puissent survenir", a souligné le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis).

- Pilote expérimenté -

Selon les premiers éléments de l'enquête, le pilote du bombardier d'eau qui est décédé dans le crash de son appareil vendredi à 17H20 en tentant d'éteindre le feu de Générac aurait "perdu ses repères". "Le pilote, qui était en phase descendante, est entré dans une colonne de fumée très épaisse et a percuté la cime des arbres", a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP. "C'est un problème d'estimation du pilote qui est entré dans un nuage très sombre et a perdu ses repères", a-t-elle poursuivi.

Le responsable de la flotte Tracker était juste au dessus de lui et a assisté à l’accident, aussi précisé le ministre. La victime, âgée d'une cinquantaine d'années et père de deux enfants, était un homme expérimenté qui avait piloté "un Mirage 2.000", a précisé M. Castaner

Une enquête a été ouverte sous l'autorité du parquet et confiée à la section de recherches de gendarmerie de Nîmes, ainsi que du côté du Bureau enquêtes accidents.

De tels accidents sont rarissimes. Le dernier drame similaire remonte à 2005, avec la chute d'un Canadair en mer, avec son pilote et son copilote, à Calvi en Haute-Corse.

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