Incendies: le pilote d'un bombardier d'eau se tue dans le Gard

Publié le à Générac (France) (AFP)

Le pilote d'un bombardier d'eau a perdu la vie vendredi dans la chute de son appareil alors qu'il luttait contre les incendies à Générac (Gard), où plus de 800 hectares de bois, de garrigues et de vignes ont brûlé depuis mardi.

Le drame a lieu à 17H20, quand le Tracker 22 de la Sécurité civile s'écrase, à Générac, où les flammes ont encore dévoré 315 hectares dans l'après-midi. Cette même commune où un premier incendie avait déjà ravagé 500 hectares entre mardi et mercredi.

"Ce soir un pilote de bombardier d'eau a trouvé la mort en luttant contre les flammes. Il a donné sa vie pour sauver celle des autres", a tweeté Emmanuel Macron. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, déjà présent à Générac mercredi, pour constater les dégâts du premier incendie, sera de retour sur place samedi matin, à partir de 10h00. Il se rendra sur les lieux du sinistre, ainsi que sur la base aérienne de Nîmes-Garons, où était stationné l'appareil qui s'est écrasé.

Une enquête judiciaire a d'ores et déjà été ouverte, sous l'autorité du procureur de la République de Nîmes Eric Maurel, pour déterminer l'origine du drame. De même une enquête de sécurité a été ouverte par le Bureau enquêtes accidents.

Le Tracker est le plus petit de la gamme des bombardiers d'eau qui interviennent sur les incendies, avec les Canadair et les Dash. Sa capacité de largage est de 3.600 litres.

Mais de tels accidents sont rarissimes. Parmi les derniers drames similaires en France, celui d'un Canadair qui s'était abîmé en mer, le 1er août 2005, avec son pilote et son copilote, à Calvi en Haute-Corse.

"Je souffre, je suis ému, je n'ai pas de mots", a déclaré le maire de Générac, Frédéric Touzellier, à l'annonce de la nouvelle, alors qu'aux abords de sa commune le ballet des bombardiers d'eau était encore incessant, au-dessus de flammes toujours vives.

Car le vent attise encore les foyers, qui se répandent à grande vitesse. Au sol, la terre qui n’est pas encore touchée est sèche comme de la pierre et le feu se propage d’une vigne à l'autre, sans limite. Et la situation pourrait encore s'aggraver samedi, "car malheureusement le vent ne mollit pas et pourrait même se renforcer", insistait vendredi soir le commandant Jacques Pagès, au PC de commandement des pompiers à Générac.

- "C'est criminel, c'est sûr" -

Une certitude pour le maire de Générac: ce nouvel incendie vendredi dans sa commune est d'origine humaine et volontaire: "C'est criminel, c'est sûr. Plusieurs feux qui partent simultanément, à des endroits différents... On est complètement dépassés", a-t-il déclaré quelques moments avant l'accident à BFM TV.

Rien qu'entre 14h30 et 15h00, huit à dix départs de feu ont été constatés au sud de Nîmes, entre Saint-Gilles et Vauvert, selon le commandant Jacques Pagès

Selon Eric Maurel, procureur de la République de Nîmes, le premier incendie de Générac, mardi, était vraisemblablement aussi d'origine criminelle. Jeudi, il avait insisté sur le fait que les enquêteurs privilégiaient la piste de "l'acte volontaire".

Si une vingtaine de maisons ont été évacuées et un mas touché, vendredi, à Générac, ce sinistre n'a fait aucune autre victime que le pilote du bombardier d'eau. Le château et le gymnase du village ont été ouverts pour accueillir les sinistrés.

En fin d'après-midi, 530 pompiers et une centaine de gendarmes étaient mobilisés à travers tout le département du Gard, avec des renforts venus des Bouches-du-Rhône et de la Drôme. Si les communes de Vauvert (170 hectares) et Montignargues (11 hectares) ont aussi été impactées, le gros des effectifs étaient déployés à Générac, avec 410 pompiers, 140 véhicules terrestres et 4 Canadairs déployés, au plus fort des flammes, face à un front d'incendie de 900 m.

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