Deux personnes ont été tuées au cours d'élections marquées par la violence dans l'Etat indien du Bengale occidental, où le Premier ministre Narendra Modi affronte un de ses plus farouches adversaires.

Des responsables électoraux ont fait état d'affrontements et d'intimidations de votants au deuxième jour d'élections dans cet Etat clé.

Le parti nationaliste hindou de M. Modi (BJP) tente de remporter le scrutin face à Mamata Banerjee, dite "Didi" ("grande sœur"), qui dirige le parti régional Banerjee Trinamool Congress (TMC), à la tête de l'Etat depuis 2011.

Les deux partis se livrent une lutte acharnée dans cet Etat qui est le théâtre du plus grand nombre d'assassinats politiques -une cinquantaine l'an passé selon la police- et où des milliers de morts sont à déplorer depuis la fin des années 1960.

Un membre du TMC a été tué à la hache jeudi et trois partisans du BJP arrêtés selon la police. Et un membre du BJP s'est donné la mort après avoir été menacé par des partisans du groupe adverse, d'après la même source.

Des affrontements ont opposé des centaines de partisans de Mamata Banerjee et des sympathisants du BJP devant des bureaux de vote à Nandigram, malgré l'interdiction de regroupement de plus de quatre personnes dans le cadre des mesures de lutte contre le coronavirus.

Dans plusieurs villes, la police a dû disperser les attroupements devant les bureaux de vote à coups de bâton.

Les deux formations se sont mutuellement accusées d'avoir attaqué des permanences et des domiciles de responsables et de sympathisants de la partie adverse.

"Les électeurs sont intimidés", a déclaré un responsable de la commission électorale nationale à l'AFP. "Certains ont peur de quitter leurs domiciles".

Malgré la violence, des milliers de personnes faisaient la queue devant les bureaux de vote.

Les élections dans l'Etat du Bengale occidental se déroulent sur huit jours jusqu'au 29 avril, et les résultats seront annoncés le 2 mai.