Les agriculteurs indiens qui bloquent l'accès à New Delhi ont appelé mardi à une journée de grève générale à travers tout le pays pour réclamer l'abrogation des récentes réformes des marchés agricoles.

Des dizaines de milliers d'agriculteurs campent depuis fin novembre à la périphérie de la capitale, résolus à maintenir ce blocus jusqu'à ce que le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi fasse marche arrière sur cette nouvelle législation qui libéralise les marchés agricoles.

Ils entendent notamment bloquer mardi, pendant plusieurs heures, les principales routes et lignes ferroviaires du pays.

Leur action a reçu le soutien de cheminots, de routiers, d'enseignants et de syndicats.

Les autorités ont déployé des milliers de policiers dans les rues de New Delhi et renforcé la sécurité dans le reste du pays pour éviter tout débordement.

Cinq séries des négociations entre les agriculteurs et les ministres n'ont pas permis de réduire les divergences.

Les paysans, de plus en plus nombreux à avoir rejoint les campements de fortune installés en périphérie de la capitale, sont plus que jamais déterminés à ne pas en bouger tant que les lois ne seront pas abrogées.

En vertu de ces réformes, les paysans ont dorénavant la liberté de vendre leurs produits à un acheteur et au prix de leur choix et non plus seulement sur les marchés régulés par l'Etat (les "mandis") avec des prix fixés.

Les agriculteurs redoutent que cela ne permette aux grandes sociétés de faire baisser les prix.

De son côté, le gouvernement affirme que ces lois sont nécessaires afin d'offrir un avenir à long terme au secteur agricole, véritable clef de voûte de l'économie indienne.

Rakesh Tikait, un dirigeant du mouvement de contestation, a invité les habitants à éviter les déplacements durant cette journée et tous les commerces à fermer leurs portes.

"Nous ne voulons rien de moins qu'un retrait de ces nouvelles lois", a rappelé Balbir Singh Rajewal, un représentant des paysans.

Le parti du Congrès, principal parti d'opposition qui détient le pouvoir au Pendjab (nord-ouest), dont viennent nombre de manifestants, ainsi qu'une quinzaine de formations politiques, soutiennent ce mouvement de contestation.

Le gouvernement les a accusés d'opportunisme, affirmant qu'ils rejettent désormais des mesures qu'ils avaient réclamées lorsqu'ils étaient au pouvoir.

Les agriculteurs sont particulièrement puissants dans le nord de l'Inde mais même dans l'Etat de Karnataka, situé au sud, les cours en ligne ont été suspendus pour la journée en signe de soutien au mouvement.