La police indienne a renforcé samedi la sécurité autour des campements, aux portes de New Delhi, où des agriculteurs protestent depuis deux mois contre les nouvelles lois de réforme agricole.

Des milliers de manifestants supplémentaires sont arrivés et les autorités ont coupé les liaisons Internet vers la plupart des camps, situés sur les principaux axes routiers aux portes de la capitale, où les agriculteurs sont postés depuis novembre.

Ces derniers s'opposent à des réformes destinées à libéraliser les marchés agricoles, régulés depuis des décennies par des organismes d'Etat avec des prix minimum garantis. Ils estiment que la réforme permettra aux conglomérats indiens de contrôler l'industrie agro-alimentaire.

Le gouvernement affirme pour sa part que ces réformes augmenteront l'efficacité et les revenus agricoles.

Cette épreuve de force est devenue le plus grand défi du Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi, arrivé au pouvoir en 2014.

La tension est montée d'un cran mardi, jour de la fête nationale, lorsque des milliers de manifestants sur des tracteurs sont entrés dans New Delhi avant de prendre d'assaut l'emblématique Fort rouge. Un agriculteur a été tué quand son tracteur s'est accidentellement retourné, et près de 400 policiers ont été blessés.

Le gouvernement a depuis déployé des milliers de policiers et de paramilitaires en renfort à Delhi et autour des campements.

Au moins 10.000 manifestants supplémentaires sont arrivés depuis jeudi pour poursuivre le mouvement de contestation, selon des observateurs.

Dans les campements, de nombreux agriculteurs ont organisé un jeûne d'une journée samedi, jour du 73e anniversaire de l'assassinat du leader indépendantiste Mahatma Gandhi, dans le but de montrer qu'ils sont pacifiques.

Mais à l'extérieur, la police a bloqué une route principale menant au camp de Ghazipou, dans les faubourgs de Delhi. Des affrontements ont éclaté vendredi dans la capitale entre des centaines d'agriculteurs et des opposants à leur mouvement.

Des groupes locaux ont estimé que les agriculteurs devraient partir, mais les meneurs du mouvement ont assuré que la contestation se poursuivrait.

Le poids du secteur agricole dans le pays est considérable, assurant la subsistance de près de 70% de 1,3 milliard d'habitants, et contribuant à environ 15% du PIB.