L'attentat suicide à la bombe contre une cathédrale en Indonésie dimanche a été perpétré par un couple de jeunes mariés qui appartenaient à un groupe extrémiste pro-État islamique, a indiqué la police lundi.

L'attaque qui a visé la cathédrale de Makassar (est du pays) sur l'île de Célèbes (ou Sulawesi), faisant une vingtaine de blessés, s'est produite après la messe des Rameaux.

"Les assaillants étaient un couple marié qui s'est uni il y a six mois seulement", a indiqué le porte-parole de la police nationale Argo Yuwono.

Les deux kamikazes ont été tués alors qu'ils pénétraient à moto dans l'enceinte de l'édifice, où ils ont fait exploser un engin artisanal, ont indiqué les autorités.

Ils sont les seuls a avoir trouvé la mort dans l'attentat à la bombe.

L'homme et la femme ont été identifiés grâce à leurs empreintes digitales et leur ADN.

L'assaillant, âgé d'une vingtaine d'année, a laissé une lettre à sa famille expliquant pourquoi il était prêt à mourir en martyr.

Ce couple d'Indonésiens faisait partie d'un groupe d'études islamiques avec plusieurs autres suspects qui ont été arrêtés dimanche et lundi pour leur rôle présumé dans l'attaque, a expliqué la police.

"Ils avaient chacun un rôle défini, acheter les pièces, enseigner les techniques de fabrication des engins explosifs, et les utiliser", a détaillé le chef de la police nationale Listyo Sigit Prabowo à des journalistes.

- Explosifs découverts -

La police antiterrorisme a effectué une perquisition au domicile du couple, et à d'autres adresses à Makassar, ville portuaire de quelque 1,5 million d'habitants, ainsi qu'à Jakarta. Elle a mis à jour des explosifs puissants et des éléments pour fabriquer des bombes artisanales.

Ces attaques surviennent après des dizaines d'arrestations de personnes soupçonnées de lien avec des organisations extrémistes ces derniers mois en Indonésie.

L'homme impliqué dans l'attaque gagnait sa vie en vendant de la nourriture dans un stand de rue, a indiqué à l'AFP Nuraini, un habitant de Makassar qui connaissait l'assaillant.

"Quand il était enfant il était gentil (...) mais en grandissant il ne se mêlait pas vraiment aux autres ici", a indiqué l'homme qui comme de nombreux Indonésiens ne porte qu'un nom.

La déflagration devant la principale église catholique de Makassar est survenue après la célébration de la messe du dimanche des Rameaux, qui marque l'entrée de Jésus Christ dans Jérusalem, une semaine avant Pâques.

Lundi, 15 personnes restaient hospitalisées sans que la gravité de leurs blessures ne soit connue. Quatre blessés légers sont sortis de l'hôpital.

Le police nationale a indiqué dimanche soir que les assaillants faisaient partie du groupe radical Jamaah Ansharut Daulah (JAD).

Le groupe extrémiste JAD a été accusé d'être derrière l'organisation d'attaques contre des églises à Surabaya, la deuxième ville d'Indonésie, en 2018. Ces attentats avaient fait au total 15 victimes et 13 morts chez les assaillants, dont cinq enfants.

Il a aussi été impliqué par la police indonésienne dans une attaque suicide en 2019 contre la cathédrale de Jolo aux Philippines, qui a fait une vingtaine de morts.

La tradition de tolérance de l'Indonésie a été mise à l'épreuve ces dernières années par le développement de courants islamiques conservateurs, voire extrémistes, qui menacent la coexistence religieuse.