De l'émotion et de nombreuses questions encore sans réponses : au lendemain de l'intoxication aussi soudaine que massive qui a frappé une quinzaine d'élèves du collège de Morez (Jura), la priorité des enquêteurs est d'en déterminer l'origine "volontaire ou accidentelle".

"Pour l’instant, aucune piste n’est privilégiée ni écartée", a indiqué à l'AFP Lionel Pascal, le procureur de la République de Lons-le-Saunier qui doit tenir une conférence de presse à 12H45.

"S’agit-il d’une intoxication volontaire ou accidentelle ? C’est à l’enquête de le déterminer", a-t-il souligné.

Jeudi vers 15H30, à l'issue d'un cross disputé par 80 élèves du collège Pierre-Hyacinthe Caseaux qui se déroulait à Morbier (Jura), une quinzaine d'entre eux ont été pris de douleurs, de convulsions et de malaises après être passés sur un stand de ravitaillement.

Parmi eux, cinq jeunes filles ont été hospitalisées dont deux dans un état d'"urgence absolue", le pronostic vital de l'une d'entre elle, héliportée vers l'hôpital de Besançon, ayant même un temps été considéré comme "engagé".

Cette jeune fille était vendredi matin la seule toujours hospitalisée, selon la préfecture du Jura qui a précisé qu'elle se trouvait "dans un état stationnaire" et que les autres collégiens avaient pu regagner leur domicile.

Selon le procureur de Lons-le-Saunier, "toutes les analyses déjà réalisées dans un cadre administratif et sanitaire, comme celle de l’eau, se sont révélées négatives. Les premières analyses faites sur les jeunes filles hospitalisées n'ont rien révélé. Restent les analyses judiciaires qui seront beaucoup plus poussées".

Mais "la difficulté est que l’on ne sait pas ce que l’on cherche", relève-t-il, il faut donc réaliser "une batterie d'analyses".

Jeudi, le plan Orsec avait été déclenché et le centre opérationnel départemental activé, avant que le dispositif ne soit levé en début de soirée.

- "Une copine est tombée" -

"On courait et une copine est tombée, comme si elle faisait une crise", a raconté à l'AFP Laurine, une collégienne de 14 ans, à son arrivée dans un collège sous le choc vendredi matin.

Autour d'elle, des enfants fondent en larmes à l'évocation des faits.

"Moi j’ai continué jusqu’au stand, j’ai mangé des brioches et bu du sirop et après j’ai eu mal au ventre, j’ai eu des crampes", se souvient l'adolescente "prise en charge et confinée jusqu’à 19H00" comme ses camarades.

"Ma maman m’a dit d’aller au collège aujourd’hui pour voir mes copines, leur parler", poursuit Laurine qui se promet de rendre visite à la cellule de soutien psychologique déployée pour accueillir les élèves.

"Quand la fille la plus durement touchée est tombée, y en a plein qui sont tombées par terre", raconte Soline, une élève de 3e. Une copine "me parlait, elle buvait du sirop et elle est tombée, elle avait les yeux qui battaient".

Deux jeunes filles enchaînent : "on se demande ce qui se passe, on voit les hélicoptères, des copines dans un mini-coma", commence la première. "Après, ça a été des réactions en cascade, au début y avait cinq personnes qui ont fait des sortes de crise d’asthme et après, avec l’angoisse il y a plein de monde qui est tombé", enchaîne la seconde.