Maurizio Sarri n'a pas résisté au désastre lyonnais. La Juventus a annoncé samedi qu'elle écartait son entraîneur après une seule saison, pleine de malentendus et d'approximations, conclue vendredi soir par l'élimination face à l'OL en Ligue des Champions.

"Adieu Maurizio" ou "Sarri Out": les titres du Corriere dello Sport et de Tuttosport étaient déjà samedi matin de bons indicateurs quant à la solidité de la position de l'entraîneur turinois après cette sortie très précoce, dès les 8e de finale, un tour plus tôt que la saison dernière face à l'Ajax Amsterdam.

Les dirigeants du club, le président Andrea Agnelli en tête, avaient pourtant promis "quelques jours de réflexion". Il faut croire que les réponses à leurs questionnements sont venues plus facilement que prévu.

La Juventus en est donc arrivée à la conclusion qui est celle de nombreux observateurs et tifosi depuis longtemps: le mariage entre le club bianconero et l'ancien coach de Naples et Chelsea n'était pas une union heureuse.

Sarri n'a jamais vraiment réussi à effacer l'impression des premiers jours, celle d'une grande distance entre ce qu'il est, son parcours débuté au fin fond des championnats régionaux en Toscane, son idée du jeu, sa façon de communiquer, et ce qu'est la Juventus.

- Nouveau chantier -

Il y avait l'anecdotique: la cigarette, le survêtement et les excès de langage. Mais pas seulement. La Juventus est une institution qui vit de succès, d'assurance, de domination et d'efficacité.

Après le match vendredi, Sarri a parlé, outre de l'arbitrage, "pas à la hauteur", d'un "excellent match" et d'un hypothétique "classement de la C1", dont la Juve serait "première ou deuxième avec six victoires, un nul et une défaite".

Autant de déclarations interprétées samedi comme un manque de lucidité, voire comme la confirmation qu'il n'était pas à sa place.

Ses efforts pour s'adapter à l'environnement ont été insuffisants parce que le reste n'a pas suivi. La promesse de beau jeu n'a pas été tenue, les résultats ont été médiocres à l'échelle du grand club piémontais et, cela a sauté aux yeux vendredi comme depuis des semaines: il n'y a pas d'adhésion forte du groupe à ses idées.

Sarri n'a donc tenu qu'un an après le long cycle de Massimiliano Allegri, cinq saisons marquées par cinq scudetti mais aussi deux finales de Ligue des Champions.

Pour la suite, les dirigeants turinois penseraient notamment à Mauricio Pochettino, libre depuis qu'il a quitté Tottenham. Les autres noms qui circulent sont ceux de Simone Inzaghi, Zinedine Zidane ou... Allegri.

Un nouveau chantier s'ouvre en tous cas à Turin, d'autant que le directeur sportif Fabio Paratici pourrait lui aussi être écarté.

- Le pilier Ronaldo -

Même si la situation était instable depuis des semaines, le grand chambardement est tout de même la conséquence directe de l'élimination de vendredi et de l'obsession des dirigeants turinois pour la Ligue des Champions, un trophée que la Juve n'a gagné que deux fois, la dernière en 1996.

Vendredi encore, Agnelli a rappelé que la C1 n'était plus un rêve mais un objectif. Et il est bien évident que quand il a recruté Cristiano Ronaldo, le plan n'était pas d'empiler les scudetti et de tomber avant la haute altitude face à l'Ajax ou à l'OL.

Economiquement non plus, l'élimination n'est pas une bonne nouvelle pour la Juventus, dont les comptes restent alourdis par l'opération Ronaldo, et dont l'effectif aurait besoin d'un rajeunissement.

Cette dernière obligation ne concerne pas le Portugais (35 ans), irréprochable et auteur de l'intégralité des sept buts inscrits par la Juve en phase à élimination directe depuis son arrivée.

Le quintuple Ballon d'Or a dit qu'il resterait et son président l'a répété vendredi en le présentant comme "un pilier de la Juventus". Le pilier est solide mais il y a de gros travaux de reconstruction à faire autour.