Le gouvernement japonais s'apprêtait jeudi à déclarer un nouvel état d'urgence sur Tokyo et sa grande banlieue face à la pandémie, mais son ampleur restreinte malgré les records de contamination enregistrés dans le pays faisait craindre des résultats limités.

Cet état d'urgence, bien moins restrictif que celui appliqué en avril-mai 2020 dans tout l'Archipel, devrait concerner dans un premier temps la capitale et trois régions adjacentes pour un mois. Mais au moins une région supplémentaire, celle d'Aichi (centre), prévoit de demander à rejoindre le dispositif.

Le grand Tokyo, où vivent près de 37 millions d'habitants, soit 30% de la population japonaise, représente une proportion importante des nombres de cas quotidiens actuellement recensés au niveau national.

Une annonce officielle du Premier ministre Yoshihide Suga était attendue jeudi en début de soirée. Mais Yasutoshi Nishimura, son ministre chargé de la lutte contre le Covid-19, a dévoilé dès jeudi matin le périmètre des mesures envisagées, rappelant que le système de santé était "dans un état critique" à Tokyo.

Le gouvernement devrait appeler les restaurants et bars à cesser de servir de l'alcool après 19H00 et à fermer leurs portes à 20H00, et demander aux habitants d'éviter les sorties non indispensables le soir.

Les entreprises seront incitées à privilégier le télétravail pour leurs employés, avec l'objectif de réduire de 70% les déplacements domicile-travail.

En revanche les écoles ne devraient pas être appelées à fermer, et des événements publics pourront avoir lieu mais avec un nombre de spectateurs réduit de 50% et une jauge maximum de 5.000 personnes.

Le Japon, relativement épargné jusqu'ici par la pandémie comparé à d'autres pays, avec quelque 3.700 décès et 252.000 cas officiellement recensés depuis janvier 2020, subit actuellement une inquiétante troisième vague.

Le pays a enregistré mercredi 6.001 nouveaux cas quotidiens, dont 1.591 à Tokyo, deux nouveaux records.

Face à la gravité de la situation, plusieurs experts médicaux ont estimé que des mesures plus fortes et sur un temps plus long étaient nécessaires.

Mais M. Suga, de plus en plus critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire, "est plus enclin à (soutenir, NDLR) la reprise économique", a déclaré jeudi à l'AFP l'économiste Masamichi Adachi de UBS Securities.

Le premier état d'urgence au Japon l'an dernier avait d'abord visé le grand Tokyo avant d'être progressivement étendu à tout le pays.

Il avait permis temporairement d'endiguer la pandémie, mais le nombre de cas était beaucoup plus faible qu'actuellement, et ses mesures plus draconiennes, avec des appels à la fermeture totale de magasins, restaurants, cinémas et salles de sports, entre autres.

La loi japonaise ne prévoit cependant pas de sanctions pour les récalcitrants aux consignes du gouvernement, même sous état d'urgence.