Après la Première dame, place au vice-président: Mike Pence tentera mercredi de mobiliser la droite religieuse derrière Donald Trump, en difficulté dans les sondages à dix semaines de l'élection présidentielle américaine.

A la veille du discours du président américain en clôture d'une convention républicaine largement virtuelle en raison du Covid-19, la performance du "VP" sera scrutée avec attention.

Discret, austère, toujours très déférent - flagorneur disent ses détracteurs - vis-à-vis du milliardaire républicain au style en tous points opposé au sien, Mike Pence, 61 ans, sait qu'il joue gros.

Pour l'échéance du 3 novembre, mais aussi la prochaine, en 2024, où il pourrait, si Trump est réélu pour un second mandat, être tenté de se lancer à son tour.

Très actif en campagne, en particulier dans le Midwest, celui qui s'était décrit, en 2016, comme "un chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre", devra trouver le ton juste sur la pandémie.

- "Solide comme un roc" -

Nommé par le président chef de la "Task force" sur le coronavirus, il s'est tenu à un discours rigoureux, relativement constant, loin des dérapages, approximations et provocations du locataire de la Maison Blanche. Tout en prenant toujours soin de ne jamais contredire ce dernier.

Mais le bilan est lourd: les Etats-Unis s'apprêtent à franchir le cap des 180.000 morts du Covid-19. Et les Américains n'apprécient guère la façon dont Donald Trump gère cette crise sanitaire sans précédent.

Selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThrityEight, 58,2% désapprouvent sa réponse face à la pandémie (38,7% approuvent).

Washington a un temps bruissé de rumeurs sur la volonté du président de changer de colistier pour donner un coup de fouet à sa campagne. Le nom de Nikki Haley, ancienne ambassadrice aux Nations unies, a souvent été évoqué.

Mais Donald Trump a récompensé la loyauté de Pence, et ses liens étroits avec les Blancs chrétiens, plutôt âgés, qui ont joué un rôle-clé dans sa victoire de 2016.

Le milliardaire républicain, marié à trois reprises et peu connu pour sa ferveur religieuse, sait qu'il a besoin d'appuis pour conserver cette part importante de son électorat.

Interrogé il y a deux semaines sur le choix de la sénatrice Kamala Harris comme colistière de Joe Biden, Donald Trump avait ironisé sur cette dernière et profité de l'occasion pour tresser des lauriers à "Mike".

"Il est solide comme un roc. Il a été un vice-président fantastique", avait-il lancé. "Il est respecté par tous les groupes religieux. Que ce soient les évangéliques ou les autres".

Un Américain sur quatre est évangélique, selon l'institut Pew. C'est la forme dominante du protestantisme américain, et la première famille religieuse du pays, devant les catholiques et les protestants traditionnels.

Le soutien à Trump des évangéliques blancs reste, pour l'heure, solide.

Mais une érosion, même minime, pourrait être fatale dans des Etats-clés comme la Floride qui lui ont permis de remporter le collège électoral en 2016 en dépit d'un déficit de près de trois millions de voix au niveau national sur Hillary Clinton.