Donald Trump, quasiment absent de tout événement public depuis l'élection présidentielle dont il continue de contester l'issue, tient vendredi une réunion de travail sur la pandémie de Covid-19, qui s'aggrave dangereusement aux Etats-Unis.

L'horizon s'assombrit encore pour le président sortant, après de nouveaux résultats confirmant sa défaite électorale face à Joe Biden, lui-même fortifié par les félicitations de la Chine.

"Nous respectons le choix du peuple américain. Nous adressons nos félicitations à M. Biden et à (la vice-présidente élue Kamala) Harris", a dit Pékin, avec qui les relations bilatérales étaient tombées au plus bas sous Donald Trump.

M. Biden a déjà été félicité par des alliés américains historiques, France, Royaume-Uni et Israël en tête.

- Second mandat Trump ? -

Refusant de parler à la presse depuis 10 jours, Donald Trump reçoit à midi (17H00 GMT) un briefing (fermé aux médias) de l'opération Warp Speed, qui coordonne la stratégie vaccinale du gouvernement sur le Covid-19, un de ses premiers actes de travail connus depuis sa défaite.

Il a encore affirmé vendredi être le vainqueur de la présidentielle. "Une élection truquée !" a-t-il tweeté, poursuivant sa remise en cause des résultats sans précédent dans l'histoire politique américaine.

"A la Maison Blanche, nous continuons à avancer en partant du principe qu'il y aura un second mandat Trump", a aussi assuré vendredi son principal conseiller sur le commerce, Peter Navarro.

Joe Biden a pourtant encore consolidé sa victoire à l'élection présidentielle, en remportant l'Arizona, dont la confirmation des résultats jeudi soir avait été ralentie par le recours massif au vote par correspondance, à cause de la pandémie de coronavirus.

L'Etat du Grand Canyon n'avait élu que des candidats conservateurs à la Maison Blanche depuis Bill Clinton en 1996.

M. Biden a fait de la pandémie la priorité numéro un de son futur mandat. Il a dévoilé le nom des membres de la cellule de crise consacrée à oeuvrer sur le sujet, dès son entrée à la Maison Blanche, prévue le 20 janvier.

Cette pandémie, régulièrement minimisée par le milliardaire républicain, a plongé le pays dans sa pire crise sanitaire depuis la grippe espagnole de 1918, sa pire récession depuis la crise de 1929, et plombé la campagne sa réélection.

Alimenté par une propagation effrénée de l'épidémie dans le Midwest, la moyenne des contaminations dépasse désormais les 100.000 nouveaux cas chaque jour.

Une urgence qui nécessite d'accélérer la procédure de transition, affirment les démocrates.

"Il y a actuellement des responsables au sein du ministère de la Santé qui préparent une campagne de vaccination pour février, mars, lorsque Joe Biden sera président", a détaillé jeudi son futur chef de cabinet, Ron Klain, à MSNBC.

"Plus tôt nous pourrons faire participer nos experts en charge de la transition aux réunions avec les personnes qui planifient la campagne de vaccination, plus la transition pourra se faire en douceur..."

- Entraves à la transition -

Mais la transition est pour l'instant très entravée: seule une poignée d'élus républicains a reconnu la victoire de Joe Biden.

Et les partisans du président, une marée de casquettes rouges "Make America Great Again", auprès de qui Donald Trump n'a cessé de s'entourer dans les dernières heures de sa campagne, continuent d'être bombardés de demandes de participation financière pour "défendre l'élection".

Certains parmi les plus radicaux d'entre eux ont prévu de manifester samedi à Washington, même si le camp Trump est dans l'incapacité de produire un seul élément concret prouvant l'existence d'une fraude à grande échelle.

L'élection du 3 novembre a été "la plus sûre de l'histoire des Etats-Unis", ont même assuré les agences américaines chargées de la sécurité des élections jeudi.

Près de 78 millions d'Américains ont voté pour Joe Biden, un record. "L'élection est terminée", a insisté vendredi la cheffe démocrate du congrès.