Tous deux issus de la très prolifique formation lyonnaise, Amine Gouiri et Rayan Cherki vont se retrouver samedi à Nice (21h00) en Ligue 1: le premier a choisi de partir et s'épanouit avec les Aiglons, alors que le second attend son heure à Lyon.

Avec le "Gym", Gouiri (20 ans) a déjà disputé 19 matches cette saison, inscrivant huit buts. C'est plus qu'avec l'OL, sous les couleurs duquel il avait disputé en tout et pour tout une quinzaine de rencontres entre 2017 et la saison dernière.

Le bilan est plus maigre pour Cherki avec 10 matches ou morceaux de match avec l'équipe de Rudi Garcia, sans avoir encore réussi à marquer cette saison. Mais Cherki n'a pas le même âge - 17 ans seulement - et c'est justement pour jouer plus que Gouiri a choisi de quitter le nid.

Issu de l'académie de l'OL, club qu'il a rejoint à l'âge de 13 ans, le natif de Bourgoin-Jallieu s'est heurté au plafond de verre de la forte concurrence chez les pros rhodaniens, ce qui l'a poussé à partir.

- 'Pas de stress' -

Recruté contre sept millions d'euros pour être la doublure de l'avant-centre international danois Kasper Dolberg, il a gagné sa place de titulaire dans le onze alors dirigé par Patrick Vieira pendant la préparation estivale.

Régulier dans ses prestations côté gauche - une position travaillée dans les sélections de jeunes - ou dans l'axe, l'ancien Lyonnais a depuis commencé à révéler l'étendue de son potentiel avec huit buts (quatre en L1, autant en Ligue Europa) et trois passes décisives.

Mais il a aussi impressionné par sa qualité technique, multipliant les gestes de classe, enchaînements fluides balle au pied et bijoux d'enroulés du pied droit.

"Je suis très content de ce qui lui arrive. Il est parti pour avoir du temps de jeu à Nice. Il en a et il en fait bon usage", a rappelé vendredi l'entraîneur lyonnais Rudi Garcia. "Il y avait beaucoup de concurrence pour Amine à l'OL. Mais j'ai toujours loué son état d'esprit et sa qualité d'homme et d'attaquant", a-t-il ajouté.

S'il a été l'Aiglon le plus régulier d'une saison difficile, avec le gardien Walter Benitez, Gouiri a tout de même connu quelques trous d'air, comme mercredi à Nîmes (victoire 2-0), où il a raté trois occasions franches.

Pas de risque pour autant que cela entame la confiance du Franco-Algérien, revenu à toute vitesse d'une rupture ligamentaire au genou (août 2018), au moment de retrouver l'OL "sans esprit de revanche".

"C'est mon rêve d'enfant, ce n'est pas une fois arrivé en haut que je vais avoir des doutes. J'ai conscience de mes qualités, je n'ai pas de stress. Le foot, c'est un plaisir, donc je me fais plaisir. C'est ce qui fait ma force", avait-il expliqué il y a quelques semaines dans un entretien à L'Equipe.

- Cherki le "prodige" -

En face, Cherki doit de son côté accepter une plus grande concurrence offensive, avec les très performants Kadewere et Toko-Ekambi, en plus de Depay et Dembélé. A 17 ans, celui qui est considéré comme un "prodige" vit donc la remontée lyonnaise vers le très haut de tableau depuis le banc de touche, qu'il quitte peu.

"Quand il s'agit d'attaquer, de marquer ou de délivrer des passes décisives, on peut compter sur Rayan. Ce qu'il doit continuer à travailler, c'est son replacement, son placement, sa qualité ou sa générosité défensive pour l'équipe", a expliqué Rudi Garcia fin-novembre.

Mais le technicien lyonnais compte sur son dribbleur, arrivé à l'OL à l'âge de 7 ans en provenance de Saint-Priest, club qui a révélé d'anciennes grandes gloires lyonnaises comme Alain Caveglia ou Nabil Fekir.

"Je n'oublie pas qu'il n'a que 17 ans et qu'il a des choses à améliorer mais c'est un plaisir avec Rayan parce qu'il a envie tout le temps et il est demandeur tout le temps. Je n'ai aucun doute qu'il va bien revenir et qu'il va nous aider à gagner des matches", a assuré Garcia.