Le Paris SG a pris un point, dimanche, sur la pelouse du leader Lille (0-0), où il a dominé malgré l'absence de Neymar, et les pépins de Kylian Mbappé. Encourageant, mais insuffisant pour doubler Lyon à la 2e place.

Dans le jeu, le choc entre le premier et le deuxième, avant la 16e journée, a accouché d'une souris, dans un stade Pierre-Mauroy à huis clos, où les chants pré-enregistrés de supporters ont amplifié le vide.

Mais les deux équipes s'en contenteront bien.

Le Losc a repris à l'OL la tête du Championnat (33 pts), grâce à une meilleure différence de buts. L'ère Olivier Létang, le nouveau président intronisé vendredi, débute donc sous les meilleurs auspices comptables.

"Il faut aussi savoir ne pas perdre", a reconnu l'entraîneur Christophe Galtier.

De son côté, le PSG a obtenu son premier point face à un concurrent direct dans la course au titre, après ses échecs contre Marseille et Lyon. Il égaye un peu une fin d'année plombée par un grand sentiment de fatigue, et la blessure à une cheville de Neymar.

"J'ai vu un match très fort de mon équipe. On n'a jamais perdu la structure, l'intensité, le contrôle", s'est réjoui le technicien Thomas Tuchel.

Voilà pour les satisfactions. Le reste, c'est beaucoup de choses à oublier.

- le sacrifice de Kimpembe -

Trahi par son manque d'efficacité, Paris a accumulé de nouveaux soucis physiques, avec les blessures en fin de match de Presnel Kimpembe, Layvin Kurzawa et Alessandro Florenzi.

Cela fait quatre défenseurs, en plus d'Abdou Diallo, qui pourraient manquer Strasbourg mercredi.

Les problèmes des Dogues sont plus dans le jeu. Lille a trop peu montré pour espérer quelque chose de plus qu'un point, et ses rares occasions ont été gâchées par ses maladresses.

A la lecture du match, il est difficile d'imaginer que les Nordistes restaient sur 29 matches toutes compétitions confondues avec au moins un but marqué. Leur dernier "zéro" remontait en janvier dernier... contre le PSG (2-0).

Leur meilleure occasion, un contre à 4 contre 1, a été stoppée par un tacle en forme de sacrifice de Kimpembe, qui s'est blessé sur l'action.

"Paris était la meilleure équipe", a résumé le défenseur Sven Botman.

Le tacle de Kimpembe incarne les valeurs mises par le PSG, pour compenser l'absence de Neymar et les soucis de Mbappé, qui a débuté comme remplaçant. Curieusement, sans ses deux superstars, les Parisiens disposent de solides références, comme la victoire contre Rennes (3-0) début novembre.

- Possession à sens unique -

Avec du coeur pour compenser le déficit de talent, cette équipe est capable d'assurer un peu plus que le service minimum. L'histoire d'un collectif meilleur, quand son tandem acheté 400 millions d'euros en 2017 ne joue pas, peut sembler incongrue, mais elle n'a rien d'une fable de Noël, quand Marco Verratti et Marquinhos sont à un tel niveau.

Malgré les absences, malgré la fatigue mentale, le club de la capitale a imposé son jeu sur la pelouse de la meilleure équipe de Ligue 1 à domicile qui a oublié qu'elle jouait chez elle: la possession, totalement parisienne (70%), témoigne de ses difficultés.

Il n'a manqué qu'un but aux Parisiens. La tête de Thilo Kehrer (22e) a été trop croisée et le centre dangereux d'Angel Di Maria n'a trouvé personne (58e). Le gardien Mike Maignan n'a eu qu'un arrêt à faire, sur une déviation de son défenseur José Fonte (45+2).

"Peut-être qu'il fallait un peu plus de création pour être plus dangereux dans le jeu", a reconnu Marquinhos.

L'entrée de Mbappé, qui a gardé sa teinture bleue, n'a pas fait d'étincelles. Pour son 22e anniversaire, la superstar soufflera ailleurs ses bougies.