L1: Lyon sur un air de samba

Publié le à Lyon (AFP)

En confiant les clés de son équipe au tandem brésilien formé par Juninho, directeur sportif, et Sylvinho, entraîneur, Lyon mise sur un choix audacieux pour gagner de nouveau sur un air de samba comme dans les années 2000. Mais il faudra vite prendre bon le rythme.

Pour l'heure, les matches de pré-saison (quatre défaites, une victoire, treize buts encaissés, sept inscrits) ont donné lieu à beaucoup de fausses notes et le duo est déjà sous pression.

Dire que l'OL doit se relancer serait un peu exagéré: le club rhodanien reste sur une troisième place en Ligue 1 qui l'a qualifié pour la Ligue des champions.

Reste qu'une nouvelle ère s'ouvre dans le Rhône après la fin d'un cycle: Bruno Genesio, décrié par une frange du public, a quitté l'OL après trois ans et demi sur le banc lyonnais, comme deux piliers de l'équipe ces dernières années, Tanguy Ndombélé et Nabil Fekir, transférés cet été.

Le nouveau chef d'orchestre Sylvinho est le premier technicien étranger de Lyon depuis le Serbe Vladimir Kovacevic (novembre 1981-février 1983).

- Juninho en première ligne -

Une révolution dans le fonctionnement de JMA, qui a toujours affiché sa préférence pour les entraîneurs français.

Il s'est déjà couvert en précisant que Sylvinho (45 ans), avait "été choisi par Juninho lequel aura la quasi totalité des responsabilités sportives, ce qui me fera un peu de bien".

Mais on peut gager que le patron de l'OL restera très impliqué dans les prises de décisions.

L'ancien adjoint du sélectionneur brésilien Tite ou de Roberto Mancini à l'Inter Milan, n'a jamais été N.1, et son choix de vivre sa première expérience d'entraîneur principal à l'étranger est déjà une marque de caractère et de courage.

D'autant qu'il ne parle pas encore le français même s'il pratique l'anglais, l'espagnol, l'italien et bien sûr le portugais avec lesquels il jongle lors des entraînements ou devant les médias.

Et si Sylvinho a évolué au FC Barcelone ou Arsenal comme arrière gauche, il n'a jamais joué en France.

"Il n'a pas d'expérience d'entraîneur N.1, mais sans vouloir comparer avec Zidane, nous avons vu que de grands joueurs pouvaient rapidement s'inscrire dans des projets ambitieux", avait relevé Aulas au moment de son arrivée.

Celui-ci a plusieurs fois donné sa chance à des novices, souvent avec réussite, comme Raymond Domenech, Jean Tigana, Guy Stéphan, Bernard Lacombe, Rémi Garde et dernièrement Bruno Genesio.

Et il en a relancé d'autres tels que Jacques Santini, Paul Le Guen ou Gérard Houllier, tous champions de France entre 2002 et 2007.

De son côté, Juninho (44 ans), de retour dans le football français dix ans après son départ de l'OL, est tout aussi inexpérimenté dans le rôle de directeur sportif et le reconnaît volontiers.

Depuis 2009, il n'a eu que des fonctions de consultant pour la télévision au Brésil et durant cette période, la Ligue 1 a changé, avec la prédominance du PSG, tout comme la Ligue des champions, devenue le pré carré de quelques grands clubs, dont Lyon ne fait pas encore partie.

- Un effectif tendance auriverde -

"Nous donnerons des moyens à ces garçons qui arrivent", a néanmoins assuré d'emblée Jean-Michel Aulas qui a tenu parole.

Les départs du milieu Tanguy Ndombele (Tottenham), du défenseur Ferland Mendy (Real Madrid) et du meneur de jeu-capitaine, Nabil Fekir (Betis Seville) pour un total de 129,7 millions d'euros ont été compensés par les arrivées de l'arrière gauche Youssouf Koné (Lille, 9 M EUR), du défenseur central danois Joachim Andersen (Sampdoria Gênes, 30 M EUR) et des milieux brésiliens Thiago Mendes (Lille, 22 M EUR) et Jean Lucas (Flamengo, 8 M EUR). Soit un total de 69 M EUR d'acquisitions.

Mendes et Jean Lucas redonnent une connotation auriverde à l'effectif déjà pourvu des défenseurs Marcelo Guedes, Fernando Marçal et Rafael.

Ces derniers n'ont toutefois pas le talent de ceux qui ont brillé à l'OL dans les années 2000 (Edmilson, Cris, Caçapa, Fred ou Sonny Anderson). Et seul le départ de Marcelo ou Marçal pourrait permettre au duo Juninho-Sylvinho de recruter encore au Brésil pour respecter le quota d'extra-communautaires, dont ne fait pas partie Rafael.

© 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.