La canicule qui sévit sur la France depuis la semaine dernière vit ses derniers moments mais les autorités ont une nouvelle raison de s'inquiéter avec l'intensification progressive de l'épidémie de coronavirus.

Le chef de l’État en villégiature au Fort de Brégançon (Var) doit présider mardi, en visioconférence, un double conseil de défense consacré à la situation au Niger et à l'épidémie.

Le Premier ministre Jean Castex est attendu dans l'après-midi au CHU de Montpellier où il visitera notamment l'unité Covid-19 de l'hôpital. Le chef du gouvernement se rendra ensuite dans la station balnéaire de La Grande-Motte où les vacanciers, comme partout ailleurs en France, sont appelés à ne pas oublier les gestes barrières malgré la chaleur.

Depuis lundi, les masques sont obligatoires à l'extérieur dans de nombreux endroits de Paris et sa région, comme dans de nombreuses villes de France.

Mais par grande chaleur "le port du masque est horrible à supporter", se plaint Jean Vion, 59 ans, rencontré par l'AFP à Lille.

Le nombre de personnes diagnostiquées positives au Covid-19 a augmenté de 785 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures. En tout 10.800 nouveaux cas ont été enregistrés en une semaine.

"La circulation du virus s’intensifie, notamment chez les jeunes et dans certaines régions, dans les métropoles de Paris et Marseille", a détaillé lundi soir la Direction générale de la Santé (DGS) dans un communiqué.

Interrogé mardi sur France Inter, le chef du service de réanimation médico-chirurgicale à l'Hôpital Raymond Poincaré de Garches, le professeur Djillali Annane a indiqué avoir constaté "une dynamique de nouvelles contaminations" qui "dépasse largement aujourd'hui les clusters identifiés".

"Dans quinze jours ou trois semaines, on risque de commencer à avoir des tensions en réa, si on ne fait rien tout de suite", a-t-il mis en garde.

- Orages ponctuellement forts -

Sur le front de la canicule, 15 départements demeurent en vigilance rouge. Selon Météo-France, l'épisode caniculaire devrait se prolonger "jusqu'à mercredi inclus".

"Une baisse significative des températures est prévue par l'ouest du pays mercredi et jeudi. Vendredi, on ne parlera plus de canicule en France", prévoit Météo-France.

En attendant, "il y a aujourd'hui un effet canicule sur nos patients au niveau des urgences et du SAMU", a souligné sur RTL le docteur Patrick Goldstein, directeur des urgences du CHU de Lille.

"Dans la région, on n’a pas l’habitude de ces températures. On a l’impression que ça augmente d’une année sur l’autre, et surtout que ça dure plus longtemps. J’ai un ventilateur chez moi pour la nuit, il faut s’habituer au bruit mais c’est très difficile de s’endormir. La journée, je ne suis pas chez moi donc je suis moins gêné", témoigne Nordine Haïf, 60 ans, rencontré sur la Grand Place de Lille.

Sur les places et les quais de Strasbourg, les bancs à l’ombre d’arbres sont pris d’assaut par des groupes d’amis, des couples ou des personnes seules qui cherchent un peu de fraîcheur, alors que le thermomètre atteignait déjà les 25°C en milieu de matinée.

Dans le centre-historique de la capitale alsacienne, Myriam Vandermersch, touriste lilloise, lit un recueil de nouvelles à l’ombre d’un arbre. "Je passe du temps au parc et prends plusieurs douches tièdes par jour", explique la jeune femme qui affirme que la chaleur est "beaucoup moins difficile à vivre que dans le Nord".

"Je suis tombé malade du Covid-19 alors qu'on entrait en plein dans le pic de la canicule, mercredi dernier", raconte Nicolas Turcev, 27 ans, étudiant rencontré à Paris.

"Le soir, je suis rentré du travail et j'ai ressenti une grande fatigue, plutôt inhabituelle. Le lendemain, le thermomètre indiquait 38 degrés. Par précaution, j'ai décidé de me mettre en télétravail. Le plus dur, dans cette chaleur, a été d'essayer de faire baisser la fièvre et de refroidir mon corps", a-t-il dit à l'AFP.

Des orages ponctuellement forts voire violents, accompagnés localement de grêle, de fortes pluies, de violentes bourrasques ainsi que de nombreuses décharges de foudre sont prévus dans l'après-midi et en soirée sur de nombreux départements.