La grève des cheminots suivie par quatre conducteurs sur dix

Publié le à Paris (AFP)

La grève lancée jeudi par les trois premiers syndicats de la SNCF contre la réforme ferroviaire est suivie par 42% des conducteurs de trains, selon la direction, moins qu'en juin, et entraîne des perturbations sur la plupart des réseaux, avec en moyenne six TGV et TER sur dix.

La CGT, l'Unsa et SUD Rail, rejoints par FO et FiRST (non représentatifs), ont appelé les 150.000 salariés de la SNCF à la grève jusqu'à vendredi 08H00. Cette fois, la CFDT, quatrième syndicat de l'entreprise publique, ne s'est pas associée au mouvement.

Selon la direction, la participation s'établit à 23,7% pour l'ensemble du personnel (42,4% des agents de conduite et 47,5% des contrôleurs).

Pour sa part, la CGT, premier syndicat, comptabilisait 33% de grévistes, toutes catégories confondues, et 50% chez les agents de terrain (accueil en gare, conducteurs, contrôleurs...).

Les taux accusent un "recul significatif" par rapport à juin, a observé auprès de l'AFP François Nogué, directeur général délégué chargé de la cohésion et des ressources humaines du groupe SNCF.

Le précédent mouvement avait été suivi en moyenne par 33,2% des cheminots (68,6% des agents de conduite et 70,4% des contrôleurs), selon la direction.

Pour SUD-Rail, néanmoins, "les cheminots ont clairement lancé un ultimatum", après le "sérieux avertissement" de juin. le syndicat appelle les autres organisations à "construire dans l'unité un mouvement reconductible".

"Notre entreprise est malade et la réforme du gouvernement ne va rien améliorer", a déclaré l'un de ses représentants Guy Rymarczyk devant la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), où environ 80 cheminots s'étaient rassemblés à l'appel du syndicat, cinq mois après le déraillement qui a fait sept morts.

Trafic "conforme" aux prévisions

A Toulouse, ils ont défilé plus nombreux (250 selon la police, 400 selon la CGT et l'Unsa) pour défendre "l'unité du service public ferroviaire".

"Les inquiétudes sont normales dans le contexte économique national" mais "la réforme est attendue par les cheminots", soutient M. Nogué, "le débat parlementaire va être important".

Présenté en octobre en conseil des ministres, le projet, qui prévoit de regrouper la SNCF et le gestionnaire des infrastructures Réseau ferré de France, sera débattu au parlement après les municipales.

Il vise à stabiliser la dette du système ferroviaire, actuellement de 40 milliards d'euros (dont 32 pour RFF) en supprimant des redondances d'activités, et à préparer le secteur à l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs.

Les syndicats redoutent notamment que la réforme soit financée "sur le dos des cheminots" et craignent de perdre à l'harmonisation des conditions de travail devant l'accompagner, qui sera discutée à partir du 20 décembre.

Plus limitées qu'en juin, les perturbations ont cependant entraîné un lot de désagréments pour des milliers de voyageurs, qui ont dû reporter leur voyage ou se lever beaucoup plus tôt.

Selon la SNCF, qui a mis en place un important système d'information, "le service garanti" annoncé aux clients "est tenu conformément aux prévisions".

Ces prévisions faisaient état de six TGV sur dix, sauf sur le TGV Est, où le trafic est normal. Sept trains sur dix étaient annoncés vers la Suisse et l'Italie, aucune perturbation sur les Eurostar et Thalys. En moyenne, sept trains sur dix circulaient sur les grandes lignes.

Six TER sur 10 étaient en outre prévus et un Intercités sur deux en moyenne, avec de grandes disparités selon les régions.

En Ile-de-France, un train sur deux est prévu sur les lignes C, D et E, la A fonctionnant normalement. Mais sur le RER B, seul un sur quatre devait être assuré entre gare du Nord et l'aéroport de Roissy.

Gare du Nord, où l'interconnexion RATP-SNCF n'est pas assurée, les trains étaient bondés. "Je suis en retard pour mon travail. D'habitude, il y a un train pour Mitry toutes les 10 minutes, là c'est toutes les 20 ou 30 minutes", confiait tôt jeudi matin et "un peu énervée" Adeline, technicienne chimiste de la banlieue Sud travaillant au nord de Paris.

"C'est le bazar ce matin!", reconnaissait un gilet rouge de la SNCF assailli de demandes.

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