L'administration Trump a fait mardi une nouvelle proposition pour un plan d'aide à l'économie américaine, aussitôt rejetée par les chefs de file de l'opposition démocrate, qui privilégient une offre proposée par des élus des deux partis, au centre de négociations.

La Maison Blanche espérait pouvoir débloquer une situation enlisée depuis des mois et mettre d'accord les parlementaires démocrates et républicains.

"De la part du président (Donald Trump), j'ai présenté une proposition à 916 milliards de dollars", a annoncé mardi en fin de journée le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, dans un communiqué publié sur Twitter.

La proposition a été présentée par le ministre de Donald Trump à la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, lors d'un entretien mardi en fin de journée.

Le montant est un peu plus élevé que les 908 milliards de dollars proposés récemment par un petit groupe de parlementaires démocrates et républicains, et qui servait de base aux négociations.

"Des négociations émanant des deux partis sont le meilleur espoir pour une solution soutenue par les deux partis", ont balayé, dans un communiqué commun, Nancy Pelosi, et Chuck Schumer, le patron des sénateurs démocrates.

Et d'enfoncer le clou: "La proposition du président commence par réduire l'offre d'indemnisation du chômage actuellement discutée par les membres de la Chambre et du Sénat de 180 milliards de dollars à 40 milliards", regrettent les deux parlementaires. "C'est inacceptable."

Ce rejet des deux leaders démocrates jette à nouveau une dose d'incertitude sur l'adoption d'un plan de relance supplémentaire avant l'investiture du démocrate Joe Biden le 20 janvier, au moment même où la résurgence de la pandémie de Covid-19 incite les Etats à restreindre l'activité économique.

Le temps presse car des millions d'Américains parmi les plus vulnérables ne percevront plus aucune aide fédérale ou de leur Etat à compter du 26 décembre. De nombreux ménages courent également le risque d'être éjectés de chez eux à la fin de l'année, faute d'acquitter leur loyer.

Les discussions piétinent depuis des mois et avaient récemment repris. M. Biden avait lui-même insisté sur la nécessité d'aider les ménages les plus vulnérables et les entreprises à sortir de cette situation, et d'éviter que la crise économique actuelle ne s'auto-alimente.

Il s'agit seulement, pour le président élu, d'un "acompte", avant un vaste plan de relance qui pourrait être présenté rapidement après son entrée à la Maison Blanche.

- Protection des entreprises -

Les discussions menées par les élus du Congrès se heurtent toujours à deux principaux points de désaccord: la protection des entreprises contre certaines poursuites, notamment en cas de contamination d'employés au Covid-19, défendue par les républicains, et une aide aux Etats et aux collectivités locales, réclamée par les démocrates.

La proposition de la Maison Blanche inclut les deux sujets. La protection juridique prévue concerne également les écoles et universités.

Pour financer cette proposition, la Maison Blanche compte notamment utiliser une enveloppe de 140 milliards de dollars, débloquée mais pas utilisée pour les prêts dits PPP aux petites entreprises, et 429 milliards de dollars de "fonds du Trésor".

Cette offre ne prévoit pas de chèque aux ménages américains, contrairement au premier plan de relance adopté en mars, au début de la pandémie.

Elle tranche toutefois avec les propos, plus tôt dans l'après-midi, du président républicain du Sénat, Mitch McConnell, qui avait suggéré d'approuver rapidement les sujets consensuels, et laisser de côté les deux éléments de controverse.

Pas question, lui avait répondu le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.