La planète a franchi jeudi le cap des cinq millions de cas de nouveau coronavirus recensés avec une situation contrastée entre la Chine prête à déclarer "victoire" sur le virus, l'Europe qui rouvre progressivement et le continent américain où le bilan ne cesse de s'alourdir.

Le nombre de cas officiellement diagnostiqués a doublé en un mois pour atteindre au moins 5,01 millions, parmi lesquels 328.220 décès, selon un comptage de l'AFP.

Si ce bilan est sans doute largement sous-évalué, les données recueillies mettent en évidence une accélération du nombre de nouveaux cas avec des augmentations particulièrement élevées ces dix derniers jours.

Continent le plus touché avec près de 2 millions de cas, dont 169.932 mortels, l'Europe poursuit néanmoins sur la voie d'une très lente normalisation.

Tandis que la quasi-totalité des plages étaient de nouveau accessibles jeudi en Corse, Chypre a rouvert ses cafés, restaurants en plein air et salons de coiffure ainsi que des écoles, après deux mois de confinement.

Si les plages vont rouvrir samedi --pour les baignades, pas pour le bronzage--, aéroports et hôtels restent fermés, prolongeant le supplice du secteur touristique, crucial pour l'économie de l'île.

En Espagne, le port du masque dès six ans est désormais obligatoire dans tous les lieux publics quand il n'est pas possible de garder ses distances.

Une mesure saluée par Cristina Quevedo Jorquera. "Il y aura encore des contaminations avec le masque mais sans masque, cela reviendrait à se jeter à l'eau sans savoir nager", a expliqué cette enseignante à l'AFP.

"Je ne sais pas si c'est une bonne chose ou une mauvaise chose, et eux (le gouvernement, ndlr) non plus ne le savent pas", a affirmé Miguel Salvador, 38 ans, qui en porte un depuis que les sorties ont été réautorisées début mai.

Dans un secteur du transport aérien sinistré, la compagnie britannique Easyjet compte reprendre certains vols à partir du 15 juin, essentiellement sur des trajets "intérieurs au Royaume-Uni et en France", avec des mesures sanitaires à bord. Le géant Lufthansa, lui, a confirmé être en passe de conclure avec Berlin un plan de sauvetage avec 9 milliards d'euros à la clé.

- "Victoire" en Chine -

Sous d'autres latitudes, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé la levée de l'état d'urgence dans trois régions de l'ouest du pays et la Nouvelle-Zélande a rouvert ses bars.

"En général, je ne bois jamais de bière à midi, mais ça fait du bien, ça a le goût d'un retour à la normale", a confié Jim Hall, un septuagénaire savourant une Guinness à Wellington.

En Chine, où l'épidémie est officiellement apparue en décembre dans la ville de Wuhan, les 3.000 députés de l'Assemblée nationale populaire (ANP) vont se réunir à partir de vendredi pour la grand-messe annuelle du régime communiste du président Xi Jinping.

La session "devrait donner l'occasion à Xi Jinping de proclamer la victoire totale dans 'la guerre populaire' contre le virus", prévoit la politologue Diana Fu, de l'Université de Toronto (Canada), même si le pays redoute une deuxième vague après la résurgence du virus dans certains endroits ces dernières semaines.

La Chine est restée de marbre après les propos de Donald Trump qui l'a accusée mercredi d'être responsable d'une "tuerie de masse mondiale". "Le gouvernement chinois a toujours été ouvert, transparent et responsable", a affirmé son porte-parole Zhao Lijian.

L'épidémie continue à faire des ravages aux Etats-Unis, pays le plus touché au monde en nombre de contaminations (1,55 million de cas) et de décès (plus de 93.400).

Très critiqué pour sa gestion de la crise, le président américain veut coûte que coûte redémarrer l'économie de son pays à quelques mois de l'élection présidentielle et plaide pour un retour à la normale, notamment en préconisant un G7 de visu.

- "Génocide" redouté au Brésil -

L'Amérique latine et les Caraïbes sont la région où le nombre de cas augmente désormais le plus avec près de 30.000 nouveaux cas recensés mercredi.

Le Brésil est en première ligne, subissant une accélération marquée de l'épidémie avec un bilan quotidien qui vient de grimper jusqu'à 1.179 décès. Mais le président d'extrême droite Jair Bolsonaro continue de minimiser la dangerosité du virus et de critiquer le confinement.

Le photographe franco-brésilien Sebastiao Salgado, 76 ans, qui a passé sa vie à immortaliser avec son objectif la condition des plus pauvres et leur environnement dégradé, craint que les peuples indigènes d'Amazonie ne subissent un "génocide" faute de soins dans le Brésil de Jair Bolsonaro.

Sous la pression du chef de l'Etat brésilien, le ministère de la Santé a recommandé mercredi l'usage de la chloroquine et de son dérivé, l'hydroxychloroquine, pour les patients atteints d'une forme légère du Covid-19.

Dans l'attente d'un vaccin et d'un remède, l'emploi de cet antipaludéen et de son dérivé fait débat, leur effet contre cette maladie n'ayant pas été prouvé à ce jour.

Lueur d'espoir: des chercheurs ont montré que des singes vaccinés ou infectés par le nouveau coronavirus avaient développé des anticorps leur permettant d'être protégés contre une nouvelle infection.

Au Mexique, la reprise éventuelle du championnat de football a du plomb dans l'aile après que huit joueurs de l'équipe de Santos Laguna ont été testés positifs.

"Cela complique singulièrement le scénario d'une reprise", a reconnu le propriétaire de Santos Alejandro Irarragorri sur la chaîne de télévision sportive TUDN.

Toujours dans le domaine sportif, le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a admis que les Jeux olympiques de Tokyo, repoussés d'un an à cause de l'épidémie de Covid-19, seraient annulés s'ils ne se tiennent pas en 2021.

Situation difficile aussi au Pérou, deuxième pays le plus affecté d'Amérique latine, et au Chili, où des émeutes de la faim ont éclaté à Santiago.

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