Réduire les coûts sera en 2016 plus que jamais la priorité numéro un d'une majorité des entreprises françaises, ce qui passera en particulier par une réduction du nombre de leurs fournisseurs, indique une étude du cabinet AgileBuyer et de X-achats, l'association des acheteurs polytechniciens publiée dimanche.

Selon cette enquête réalisée entre le 24 novembre et le 7 décembre auprès des départements achats de plus de 500 entreprises de tous secteurs, 82% des sondés disent que la réduction des coûts sera l'objectif premier en 2016, un chiffre en hausse continue depuis 2013 et qui a augmenté de 5 points par rapport à 2015.

Selon les auteurs de l'étude, cette tendance est liée à un "environnement économique incertain".

Dans ce contexte, les relations entre clients et fournisseurs se durcissent: 40% des personnes interrogées estiment qu'elles se sont dégradées au cours des trois dernières années, des tensions qui "s'expliquent à 65% par des objectifs de réduction de coûts accrus".

Pour 57% des répondants, la réduction du nombre de fournisseurs fera partie de leurs objectifs en 2016, un chiffre en hausse constante depuis trois ans, ce qui devrait affecter le tissu des très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME).

"Cet objectif purement financier et court terme" risque notamment d'avoir un impact "sur l'innovation fournisseurs", met en garde l'étude.

Alors que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a annoncé en novembre un renforcement des sanctions contre les mauvais payeurs, 65% des sondés indiquent que le respect des délais de paiement aux fournisseurs fait partie de leurs objectifs, contre 56% en 2015.

Les achats du "made in France" peinent à prendre de l'essor, avec seulement 16% des répondants qui indiquent avoir un tel objectif pour 2016. Mais l'étude révèle que pour une majorité d'entreprises, le "made in France" n'est pas trop cher.

Plusieurs autres freins existent: l'absence des produits recherchés dans l'Hexagone, la volonté des clients d'acheter dans leur pays d'origine, et la difficulté d'acheter en France du point de vue réglementaire et législatif.

Enfin, 54% des répondants disent avoir des objectifs d'achats liés au développement durable (+9 points par rapport à 2015). "Toutefois, il subsiste toujours une évidente difficulté à démontrer que les achats +Green+ peuvent également être sources d'économies", souligne l'enquête. "Faute de mise en exergue des gains réalisables, la tendance à peu de chances d'exploser dans les prochaines années", ajoute-t-elle.