Le gouvernement brésilien poursuivra ses efforts diplomatiques pour tenter d'éviter l'exécution du Brésilien Rodrigo Muxfeldt Gularte, condamné à mort pour trafic de drogue, bien que les autorités indonésiennes aient confirmé samedi qu'il sera fusillé dans les prochains jours.

Le ministère brésilien des Affaires étrangères (Itamaraty) a précisé samedi au site G1 de Globo que le gouvernement brésilien poursuivra les contacts réguliers à "haut niveau" avec Jakarta, pour tenter de convaincre l'Indonésie de suspendre l'exécution pour des raisons humanitaires puisque Gularte souffre de schizophrénie.

La famille de ce brésilien de 42 ans originaire du Parana (sud du Brésil) a présenté plusieurs rapports de médecins aux autorités indonésiennes attestant qu'il est schizophrène.

Gularte a été emprisonné en juillet 2004 après être entré en Indonésie avec 6 kilos de cocaïne cachés dans des planches de surf et a été condamné à mort en 2005.

Le ministère des Affaires étrangères a également déclaré samedi à G1 que les diplomates brésiliens à Jakarta continueront à lui prêter une assistance consulaire "tant que cela sera possible" pour défendre ses intérêts mais a souligné respecter la souveraineté du pays asiatique et reconnaître la gravité du délit qu'il a commis.

Selon Itamaraty, le chargé d'affaires du Brésil à Jakarta, Leonardo Carvalho Monteiro, était avec Gularte au moment où on lui a notifié son exécution qui aura lieu dans un délai d'au moins trois jours.

Rodrigo Gularte pourrait être le deuxième Brésilien à être exécuté en Indonésie. En janvier, Marco Archer Cardoso Moreira, originaire de Rio de Janeiro, a été fusillé après avoir été condamné à mort pour trafic de drogue, ce qui a déclenché une crise diplomatique entre Jakarta et Brasilia.

La présidente Dilma Rousseff, s'est déclarée "consternée et indignée" et a convoqué l'ambassadeur brésilien à Jakarta pour consultations.

En février, Mme Rousseff a décidé de retarder la remise des lettres de créances au nouvel ambassadeur d'Indonésie à Brasilia pour réévaluer la situation bilatérale entre les deux pays.

En représailles, le ministère des Affaires étrangères d'Indonésie a rappelé son ambassadeur au Brésil.

Neuf condamnés à mort pour trafic de drogue en Indonésie, parmi lesquels huit étrangers - d'Australie, du Brésil, des Philippines et du Nigeria - ont été informés samedi de leur exécution imminente, alors que le Français Serge Atlaoui a été exclu de la prochaine liste, après d'intenses pressions diplomatiques de Paris.