Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a plaidé en faveur d'une réduction des tensions dans le Golfe au cours d'une visite à Téhéran de son homologue omanais Youssouf ben Alaoui ben Abdallah, qui s'est rendu il y a peu à Washington.

Les discussions se sont tenues dans la capitale iranienne une semaine après une rencontre entre le ministre omanais et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo aux Etats-Unis, ennemi juré de Téhéran.

C'est la deuxième fois depuis juillet que M. Alaoui est envoyé en Iran par le sultanat, qui par le passé a assuré à plusieurs reprises une médiation entre divers ennemis au Moyen-Orient.

Dans un communiqué, le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que M. Zarif avait "insisté sur la nécessité de réduire les tensions dans la région" et ajouté que l'Iran était sérieux quant à son projet de coopération sécuritaire pour le Golfe baptisé "initiative de paix d'Ormuz", ou "HOPE" --"espoir" selon son acronyme en anglais.

Le président Hassan Rohani a présenté ce plan au cours de l'Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre, appelant les pays du Golfe, dont son grand rival l'Arabie saoudite, à le rejoindre.

Dans un tweet, le ministère omanais des Affaires étrangères a indiqué que MM. Zarif et Alaoui avaient "discuté des relations bilatérales et de questions régionales".

Au cours de la visite du ministre omanais à Washington, M. Pompeo avait remercié le sultanat pour "sa coopération sur la sécurité et l'antiterrorisme".

Les relations entre Washington et Téhéran se sont fortement dégradées depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du retour de lourdes sanctions américaines contre l'Iran.

Privé des retombées économiques qu'il espérait de ce pacte, l'Iran a commencé en mai 2019 à s'affranchir de certains de ses engagements pris dans le cadre de l'accord.

Une confrontation militaire entre les deux ennemis a été évitée de justesse en juin avec l'annulation à la dernière minute par Donald Trump de frappes qu'il avait ordonnées en représailles après que l'Iran eut abattu un drone américain au-dessus des eaux du Golfe.