Le cobalt 60, substance radioactive dont une certaine quantité se trouvait dans un camion qui a été volé au Mexique, est utilisé pour le traitement du cancer mais peut également servir à la fabrication d'une "bombe sale".

Les rayons gamma émis par le cobalt 60, un isotope radioactif de l'élément métallique cobalt, permettent d'éliminer des tumeurs, mais lorsqu'il n'est pas manipulé correctement, le cobalt 60 peut causer des cancers, lorsqu'on le touche ou l'ingère ou lorsqu'on s'en est approché.

Outre la radiothérapie, le cobalt 60 est utilisé pour la stérilisation de produits de santé, l'irradiation de denrées alimentaires ou encore la mesure de l'épaisseur, de la densité ou d'autres propriétés importantes dans le processus industriel.

Il s'agit d'une des nombreuses substances radioactives utilisées dans les hôpitaux, les universités et les industries dans le monde entier, tout comme l'iridium 192, l?américium 241 -- que l'on trouve dans les détecteurs de fumée -- ou le césium 137.

A plusieurs reprises, de telles sources radioactives sont tombées dans de mauvaises mains, causant des maladies graves allant jusqu'au décès de certaines personnes exposées, comme au Brésil en 1987, en Turquie en 1999, en Thaïlande en 2000 ou en Inde en 2010.

Mais les autorités redoutent surtout que des groupes extrémistes ne mettent la main sur des éléments pouvant entrer dans la fabrication d'une "bombe sale", un engin comportant des explosifs conventionnels pour disperser sur une vaste zone des particules radioactives. Le cobalt 60 est particulièrement efficace pour ce type de bombe.

La fabrication d'une telle "bombe sale" est bien plus facile pour les terroristes qu'une bombe atomique, qui nécessite la fission nucléaire ou la combinaison de la fission et de la fusion avec de l'uranium hautement enrichi ou du plutonium.

Même si les dégâts causés par une "bombe sale" -- également appelée "dispositif de dispersion radiologique" (RDD) -- pourraient être bien moins importants qu'une bombe atomique, une telle explosion pourrait entraîner une panique généralisée.

Au cours des dernières années, les gouvernements ont renforcé leurs efforts pour réduire le stock d'uranium enrichi, notamment dans les anciennes république soviétiques, et pour réduire le risque pour les populations civiles de l'utilisation de la technologie nucléaire.

Le président américain Barack Obama a présidé un sommet sur le sujet en 2010, qui a été suivi d'un deuxième sommet à Séoul l'année dernière. Un troisième est prévu en mars 2014 à La Haye.

"Cet incident (au Mexique) est un rappel sur le besoin de faire de la sécurité nucléaire et radioactive une priorité internationale", a estimé Michelle Cann, analyste à Partnership for Global Security.

"Renforcer la sécurité du transport pour les sources radioactives est un des thèmes qui seront abordés à La Haye en mars 2014", a-t-elle expliqué à l'AFP.