Le coronavirus est "parmi nous" pour longtemps et le monde doit s'y préparer, a averti vendredi l'agence européenne des maladies, tandis que la campagne de vaccination s'accélère en Europe, où le Royaume-Uni met les bouchées doubles.

Le coronavirus "semble très bien adapté aux humains. Donc nous devons nous préparer à ce qu'il reste parmi nous", a déclaré vendredi à l'AFP Andrea Ammon, la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, appelant également à garder pour l'heure les restrictions en place en Europe. "Ce ne serait pas le premier virus à rester parmi nous pour toujours".

Face à la perspective d'une cohabitation durable, les espoirs reposent plus que jamais sur la vaccination.

Pour accélérer les campagnes d'immunisation, la société américaine Moderna a demandé l'autorisation à différentes autorités sanitaires dans le monde d'augmenter de 50% la capacité de ses flacons de vaccin.

En Europe, le Royaume-Uni semble en passe de réussir son ambitieux pari de vacciner environ 15 millions de personnes vulnérables d'ici à la mi-février.

Le pays le plus endeuillé d'Europe, où presque quatre millions de personnes ont été contaminées, dont plus de 115.000 sont mortes, entrevoit une porte de sortie au strict confinement en place depuis des semaines.

Les autorités sanitaires françaises sont quant à elles devenues les premières vendredi à recommander une seule dose pour les personnes ayant déjà eu le Covid, ces dernières ayant déjà obtenu "une mémoire immunitaire", a fait valoir la Haute autorité de santé dont l'avis doit encore recevoir l'aval du gouvernement.

C'est en France également que des chercheurs ont annoncé vendredi un premier cas de réinfection grave par le variant sud-africain, après une première contamination légère.

- 50.000 morts en Argentine -

En Hongrie, la directrice générale de la Santé a annoncé que son pays était devenu vendredi le premier de l'UE à utiliser le vaccin russe Spoutnik V.

La campagne de vaccination s'accélère aussi aux Etats-Unis, avec la possibilité désormais pour les Américains de recevoir une dose de vaccin dans les milliers de pharmacies où ils ont l'habitude de se faire vacciner contre la grippe.

"C'est merveilleux, c'est vraiment pratique", se réjouit Ted Pochter, 76 ans, qui a reçu une première injection à Bethesda, près de Washington, où des personnes âgées se sont succédé en flux continu dans leur pharmacie. La piqûre "fait quand même un peu mal", rétorque en riant son épouse, Liz Pochter.

Joe Biden avait annoncé jeudi l'achat de 200 millions de doses supplémentaires, qui devraient permettre aux Etats-Unis d'avoir assez de doses d'ici à fin juillet pour vacciner la grande majorité de la population.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché par la pandémie tant en nombre de morts que de cas, mais, depuis le pic du 8 janvier, les courbes des cas positifs, des hospitalisations et des décès sont en baisse continue.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a quant à lui annoncé vendredi une accélération de la campagne de vaccination dans son pays avec une augmentation des livraisons de doses pour compenser les récents retards.

Parmi les nations à avoir le plus vacciné figure aussi le Chili, où 1,6 million de personnes ont déjà reçu au moins une injection. La campagne de vaccination avance aussi en Argentine - qui a dépassé vendredi le seuil des 50.000 morts - et où 400.000 doses du vaccin russe Spoutnik V devaient arriver vendredi soir.

Au Brésil en revanche, le manque de doses disponibles commence à freiner dans plusieurs régions une campagne d'immunisation qui a commencé tardivement.

A l'échelle de la planète, les nouvelles contaminations ont poursuivi cette semaine leur chute entamée il y a un mois, avec 412.700 contaminations enregistrées quotidiennement, soit leur plus bas niveau depuis octobre.

Mais des restrictions restent en place dans de nombreux pays et, en Australie, un nouveau confinement a été ordonné à Melbourne, forçant l'Open de tennis, qui a ouvert lundi, à se poursuivre à huis clos au moins jusqu'à mercredi.

- Tribunal à ciel ouvert -

L'UE, qui a franchi mardi le seuil symbolique des 500.000 morts, a vu la tendance s'améliorer depuis quelques jours, mais rares sont les pays enclins à relâcher la pression.

L'Allemagne, qui a prolongé jusqu'au 7 mars la plupart des restrictions en place, a décidé jeudi de fermer sa frontière avec la République tchèque et le Tyrol autrichien. Vendredi, la région de la Sarre a annoncé ne pas exclure le rétablissement de contrôles aux frontières avec la France et le Luxembourg.

La Grèce a durci son confinement national et l'Irlande étendu le sien jusqu'à début avril. Le gouvernement tchèque a annoncé isoler trois cantons. L'Italie a prolongé de dix jours l'interdiction de déplacements entre ses régions.

La Pologne a toutefois rouvert vendredi ses théâtres, hôtels et piscines, après la réouverture lundi des musées, bibliothèques, galeries d'art et centres commerciaux.

En Afrique, Abuja, la capitale du Nigeria, a décidé d'instaurer un tribunal à ciel ouvert, en plein centre-ville, pour ceux qui ne portent pas le masque, le pays le plus peuplé du continent faisant actuellement face à une deuxième vague.

Le virus progresse aussi "très rapidement" en Côte d'Ivoire, où le ministre de la Santé, Eugène Aka Aouélé, craint "une explosion épidémique".

En Algérie, le président algérien Abdelmadjid Tebboune est rentré vendredi, un mois après avoir été hospitalisé en Allemagne, où il a été opéré du pied à la suite de complications post-Covid.

Pour le patron de l'OMS, "toutes les hypothèses restent sur la table" quant à l'origine de la pandémie, après une mission d'un mois d'experts mandatés par l'organisation en Chine.