La propagation accélérée du coronavirus en France, qui affecte désormais plus de 600 personnes, sonne la mobilisation générale des services de santé, en particulier dans les deux départements les plus touchés, l'Oise et le Haut-Rhin, dont les écoles et les crèches garderont portes closes à partir de lundi.

Outre ces mesures annoncées vendredi soir par le Premier ministre Édouard Philippe, hôpitaux et cliniques sont "mis sous tension" et doivent se tenir prêts sur l'ensemble du territoire à déclencher leur "plan blanc", a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran.

Il s'agit d'un dispositif de crise permettant aux établissements de faire face à une situation sanitaire exceptionnelle en mobilisant en interne tous les moyens dont ils disposent - un plan blanc avait ainsi été déclenché le 25 février dans les hôpitaux de Creil et Compiègne après les premières contaminations avérées.

Un dispositif similaire, appelé "plan bleu" sera de la même façon activé dans les Ehpad. Mais pour l'heure, "le plan blanc et le plan bleu ne sont pas encore lancés", a insisté samedi le ministère.

Le dernier bilan des autorités vendredi soir signalait 613 cas de contamination, dont "39 en situation grave", soit un nouveau bond de 190 cas supplémentaires en 24 heures (et 16 graves en sus) et de neuf décès.

La fermeture des écoles, pendant au moins deux semaines dans le Haut-Rhin et l'Oise, deux départements parmi les plus touchés, concerne tous les établissements scolaires et les crèches, a précisé le Édouard Philippe après une réunion interministérielle au ministère de la Santé.

Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a indiqué samedi que ces mesures concernaient 155.000 élèves dans l'Oise et 127.000 dans le Haut-Rhin, qui tous pourront suivre "la classe à la maison": "Chaque famille sera contactée" à cette fin, a-t-il ajouté.

Dans ces deux départements est également instaurée la "limitation de tous les rassemblements, sauf ceux qui sont essentiels à la vie sociale et démocratique", a ajouté le chef du gouvernement.

Un arrêté, samedi, ramène d'ailleurs l'interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes au 15 avril et non plus au 31 mai comme initialement annoncé le 4 mars.

- mondial du tatouage interdit -

La situation reste en revanche inchangée dans les autres territoires. "Ce soir, nous restons donc en phase 2", a-t-il souligné, même si un passage à la phase 3, celle de l'épidémie, est "inexorable" à terme face à la multiplication attendue des contaminations.

Par précaution, le préfet de Seine-Saint-Denis, où 12 cas ont été rapportés, a d'ailleurs interdit "un rassemblement à caractère évangéliste prévu ce weekend au Blanc-Mesnil et susceptible de rassembler jusqu’à 2.000 personnes provenant de plusieurs départements".

Une réunion similaire en février à Mulhouse a généré depuis des dizaines de contaminations dans toute la France, de la Corse à la Normandie et jusqu'en Guyane.

De son côté, le préfet de police de Paris "a décidé d’interdire le Mondial du tatouage prévu du 13 au 15 mars à la Grande halle de la Villette".

"Bien que cet évènement rassemble moins de 5.000 personnes simultanément, la nature des activités qui s’y déroulent et la présence de visiteurs nombreux en provenance de zones de circulation active du virus présentent un risque particulier", a estimé la préfecture.

Plusieurs événements sportifs ont été reportés ce weekend, dont le match de foot en Ligue 1 Strasbourg-Paris SG prévu samedi, ou celui de rugby féminin entre l’Écosse et la France dans le tournoi des Six nations.

Vendredi matin, Emmanuel Macron a réitéré sa conviction que, "l'épidémie sera là". La France constitue l'un des principaux foyers du virus en Europe, avec l'Italie et l'Allemagne. Le cap des 101.000 personnes contaminées a été franchi à travers le monde.

En France, a rappelé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, le virus est désormais présent dans toutes les régions de France métropolitaine et dans trois régions d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane).

Face à cette accélération, les autorités sont conduites à préparer le stade 3 des mesures de précaution qui pourrait impliquer des mesures plus contraignantes, au cas par cas, comme la suspension des transports en commun.

- freiner la propagation -

"Je tiens d'ailleurs à dédramatiser le passage au stade 3", a souligné le Premier ministre vendredi soir. "Lorsque le stade 3 adviendra, nous prendrons les mesures nécessaires pour répondre à l'épidémie pour prendre en charge les malades et assurer la continuité de la vie économique et sociale du pays, y compris la vie scolaire qui devra continuer", a-t-il martelé.

L'important, a rappelé le Premier ministre, est de "freiner la propagation" du virus.

Le département du Bas-Rhin a ainsi décidé vendredi de réduire les visites dans les Ehpad pour éviter la contamination des personnes âgées dans ce département limitrophe du Haut-Rhin.

Et les prix de vente des gels hydroalcooliques, dont l'utilisation est recommandée pour éviter une contamination, sont désormais encadrés par décret - 3 euros les 100 Ml - et les pharmaciens sont autorisés à en produire eux-mêmes au besoin.