La cathédrale gothique Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes a été victime samedi d'un incendie, rapidement circonscrit, mais qui a toutefois détruit le grand orgue, un événement qui a conduit à l'ouverture d'une enquête pour "incendie volontaire" tandis que le Premier ministre Jean Castex s'est rendu sur place.

Le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès a annoncé à l'AFP l'ouverture d'une enquête pour "incendie volontaire" en précisant que "trois points de feu distincts" ont été relevés. Mais "il n'y a pas de conclusion à tirer maintenant", a-t-il ajouté.

La police judiciaire a été saisie et un expert incendie du laboratoire de police technique et scientifique de Paris est attendu à Nantes pour examiner les départs de feu et l'installation électrique de la cathédrale, a-t-il ajouté.

Dans le centre de Nantes, vers 07H45, des "passants qui voyaient des flammes derrière la rosace" ont alerté les secours, ravivant les souvenirs douloureux de l'incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019.

Les pompiers ont alors découvert "un violent incendie au niveau de l'orgue situé derrière la rosace et l'action s'est concentrée sur ce foyer", a expliqué le directeur départemental des pompiers, le général Laurent Ferlay.

Morgane Jobelin, 30 ans, qui travaille dans un salon de thé situé à quelques dizaines de mètres de la cathédrale, a découvert le sinistre en arrivant au travail. "Un peu avant 08h00, j'ai remarqué que des gens regardaient en l'air, puis j'ai vu la grosse fumée noire qui s'élevait vers le ciel et les pompiers avec leur lance à eau", a-t-elle dit à l'AFP.

Grâce à une centaine de pompiers et une quarantaine d'engins, l'incendie a été rapidement maîtrisé et "circonscrit" vers 10H00.

D'après les premiers éléments, "les dégâts sont concentrés sur le grand orgue, qui semble être entièrement détruit. La plateforme sur laquelle il se situe est très instable et menace de s'effondrer", a dit M. Ferlay.

Il a toutefois indiqué que les dégâts ne pouvaient être comparés aux incendies de Notre-Dame, à celui de cette même cathédrale en 1972 ou encore à celui de Saint-Donatien à Nantes en 2015.

Laurent Delpire, conservateur des Antiquités et objets d'art de Loire-Atlantique, a listé les éléments touchés par le sinistre : l'orgue et le buffet d'orgue du XVIIe siècle, un tableau d'Hippolyte Flandrin du XIXe, une partie des stalles du cœur qui étaient récentes et les vitraux de la façade, dont une partie était des vestiges de vitraux du XVIe siècle, le reste étant moderne.

- Castex sur les lieux -

La maire de Nantes Johanna Rolland (PS), qui a pu entrer dans la cathédrale, a fait part à l'AFP de son émoi en découvrant les dégâts. "Ce qui domine, c'est l'émotion et la tristesse pour les catholiques nantais, car c'est un lieu emblématique, mais au-delà pour toutes les Nantaises et les Nantais. C'est une part de notre histoire et de notre patrimoine".

Selon le père Hubert Champenois, recteur de la cathédrale, "tout était en ordre hier soir" dans la cathédrale, qui est habituellement ouverte au public de 8H00 à 19H00. "chaque soir, avant de la fermer, une inspection très précise" est effectuée, a-t-il dit.

Vers 16H00, le Premier ministre Jean Castex est arrivé sur les lieux, avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. Après avoir discuté avec des pompiers, que le Premier ministre a applaudis et félicités, ils sont rentrés vers 16H45 dans la cathédrale, a constaté une journaliste de l'AFP présente sur place.

Plus tôt, Emmanuel Macron avait tweeté son "soutien à nos sapeurs-pompiers qui prennent tous les risques pour sauver ce joyau gothique de la cité des Ducs".

Dans un communiqué, la Conférence des évêques de France (CEF) "appelle tous les catholiques à s'unir dans une prière de soutien aux catholiques du diocèse de Nantes".

L'édification de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891). En 1972, le sinistre s'était déclaré à la suite à de travaux effectués par un couvreur.

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