En dépit de sa petite taille, l'Etat américain du New Hampshire pèse dans la course à la présidentielle et les électeurs qui s'y prononceront mardi pour le deuxième vote des primaires démocrates sont encore indécis.

"Je suis étonnée que les candidats ne soient pas là. Les électeurs sont ici", dit à l'AFP Heidi Barrett-Kitchen, organisatrice d'un concours de pêche sous glace sur les eaux glacées du lac Winnipesaukee, à Meredith, dans le New Hampshire.

Situé dans le nord-est du pays, ce petit Etat d'1,3 million d'habitants sera mardi, une semaine après le fiasco du premier vote dans l'Iowa, la deuxième étape dans la course à l'investiture pour la présidentielle de novembre.

Il est devenu, tous les quatre ans, un passage obligé pour les candidats: si les assemblées électorales -- ou "caucus" -- de l'Iowa sonnent le départ, le vote du New Hampshire dégage généralement les tendances et permet, déjà, d'éliminer les plus faibles.

Ses résultats sont traditionnellement suivis de très près par le reste du pays, et à raison.

- Beaucoup d'indécision -

Dwight Eisenhower s'y était imposé en 1952 avant d'aller conquérir la Maison Blanche. Et 14 des 17 élections présidentielles ayant eu lieu depuis ont sacré des candidats sortis vainqueurs de la primaire de leur parti dans le New Hampshire.

Les paris restent ouverts pour les 11 candidats encore en lice pour l'investiture démocrate de 2020.

L'ancien vice-président Joe Biden, qui a essuyé un revers dans l'Iowa, est au coude à coude dans les sondages locaux avec les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar pour la troisième place.

Mais tous pointent loin derrière le sénateur du Vermont voisin Bernie Sanders et l'ancien maire de South Bend, ville moyenne de l'Indiana, Pete Buttigieg.

De nombreux électeurs sont encore indécis, souligne à l'AFP, lors d'un entretien à Concord, la capitale de l'Etat, Bill Gardner, secrétaire d'Etat du New Hampshire en charge de l'organisation de la primaire.

"Tout peut arriver ici" et les résultats de l'Iowa "n'ont pas un grand impact sur ce qui va se passer", ajoute-t-il.

Les candidats, conscients de l'enjeu, ont sillonné le terrain et dépensé des millions de dollars pour leur campagne dans cet Etat.

Bernie Sanders, Pete Buttigieg et Amy Klobuchar y ont ainsi participé à plus de 65 événements chacun depuis juin 2019.

- "Vivre libre ou mourir" -

Les électeurs indépendants constituent une force politique majeure dans l'Etat du granite, dont la devise est "Vivre libre ou mourir".

Ils sont plus nombreux à être inscrits sur les listes électorales que les sympathisants démocrates ou républicains, et sont autorisés à voter dans les primaires des deux partis, ce qui pousse les candidats à redoubler d'efforts pour les séduire.

"Je pense que les gens ont du mal à prendre une décision et je m'inclus dedans", a indiqué Theresa McCormack, une démocrate à la retraite de Campton, rencontrée au lac Winnipesaukee.

Beaucoup espèrent ici que la primaire de mardi permettra de tourner la page du fiasco de l'Iowa, dont le vote a été perturbé par un bug informatique.

"Tout le monde (dans le New Hampshire) vote avec des bulletins en papier", insiste Bill Gardner, se voulant rassurant. "On ne peut pas pirater un crayon".