Le coronavirus s'étend inexorablement sur le continent américain où les nouveaux cas de contamination se multiplient, mais ni l'Asie, ni l'Europe ne semblent sorties d'affaire, avec de nouveaux signes d'inquiétude comme au Japon où la capitale est en alerte maximum.

Les quelque 1O millions d'habitants de Tokyo ont été invités à rester chez eux jeudi, premier jour d'un long week-end férié au Japon.

Cette poussée survient alors que le Japon s'apprête à marquer jeudi le début du compte à rebours d'un an avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, reportés à 2021 en raison de la pandémie.

L'Australie, qui avait jusqu'à présent réussi à contenir l'épidémie, a enregistré mercredi un nombre record de contaminations en 24 heures, et l'Inde s'est résignée à ordonner au Cachemire un confinement strict pendant au moins une semaine face à la résurgence du virus. Les autorités indiennes ont également décidé d'annuler le pèlerinage hindou annuel de l'Amarnath, une première en plus d'un siècle.

En Europe, la Belgique, où le taux de mortalité est particulièrement élevé, s'inquiète de la hausse significative des contaminations. Le pays doit "agir vite", a averti mercredi le Centre national de crise, à la veille de l'annonce probable de nouvelles mesures restrictives

Mais c'est sur le continent américain, particulièrement au sud, que la situation reste la plus préoccupante. Le seuil des quatre millions de cas de contamination a été franchi en Amérique latine et aux Caraïbes où, à lui seul, le Brésil compte désormais plus de 2,2 millions de cas. Plus grave, le géant sud-américain a enregistré mercredi un explosion de nouvelles contaminations avec près de 68.000 cas en 24 heures.

De plus, les chiffres officiels brésiliens sont considérés comme largement inférieurs à la réalité par la communauté scientifique, en raison de l'absence de tests de masse dans ce pays dont le président, Jair Bolsonaro, a lui aussi été contaminé, ainsi que plusieurs membres de son gouvernement.

- A la hausse -

Au nord, les Etats-Unis ont de nouveau enregistré mercredi, pour la neuvième journée consécutive, plus de 60.000 nouveaux cas de contamination en 24 heures.

De loin le pays le plus touché au monde en valeur absolue, les Etats-Unis, après avoir connu une amélioration vers la fin du printemps, voient depuis plusieurs semaines l'épidémie repartir à la hausse, notamment dans le sud et l'ouest du pays.

A Washington, les autorités ont durci mercredi les règles sur le port du masque et ordonné à tous les résidents de se couvrir le visage dès qu'ils quittent leur domicile.

"Vous devriez porter un masque car vous ne savez pas si vous pourrez maintenir la distanciation physique", a préconisé la maire démocrate Muriel Bowser.

Face à la montée de l'épidémie, les Etats-Unis ont décidé de précommander massivement un futur vaccin: pas moins de 100 millions de doses pour 1,95 milliard de dollars, avec la possibilité d'acquérir 500 millions de doses additionnelles de ce vaccin développé par la firme allemande Biontech et le laboratoire américain Pfizer.

Après de premiers résultats encourageants, ce projet de vaccin entre dans une phase décisive d'essais cliniques à grande échelle. Mardi, Londres avait annoncé le pré-achat de 30 millions de doses auprès des deux entreprises.

Longtemps accusé de déni face à la pandémie, le président Donald Trump a spectaculairement changé de ton, admettant une récente "hausse inquiétante des cas" dans le sud du pays.

- "Porter un masque" -

"Nous demandons à tout le monde de porter un masque quand la distanciation physique n'est pas possible", a-t-il lancé après avoir jusqu'ici défendu la "liberté" individuelle en la matière.

La pandémie a fait au moins 616.965 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP mercredi, pour quelque 15 millions de cas officiellement déclarés.

L'espoir d'un nouveau vaccin a été salué mercredi par la bourse de New york, qui a terminé une nouvelle fois en hausse à +0,62%. Mais la pandémie continue de faire des ravages dans l'économie réelle et la vie quotidienne de millions de personnes à travers le monde.

Jesús Yépez, guide touristique à Mexico, dort désormais dans un refuge pour sans-abris, après avoir tout perdu, faute de touristes. Début juillet il a été expulsé du logement qu'il louait dans le centre historique de la ville.

A Madrid, Sonia Herrera, employée de maison non déclarée, remerciée par ses patrons, dépend désormais de la banque alimentaire. "Ca me fait un peu honte de demander de l'aide", dit cette Hondurienne de 52 ans.