Les barrages contre le nouveau coronavirus se renforcent encore lundi avec un confinement général notamment en Grèce, afin de s'épargner la catastrophe vécue par l'Italie, qui a de nouveau dénombré plus de 600 morts en une journée.

Au Royaume-Uni, où le Premier ministre Boris Johnson a mis en garde dimanche contre une accélération des chiffres, et où écoles, pubs, cinémas devront désormais garder portes closes, un projet de loi concernant des pouvoirs extraordinaires pour lutter contre le coronavirus doit être examiné lundi.

Le coronavirus a fait plus de 14.000 morts, dont plus de 7.500 en Europe, et contaminé plus de 324.000 personnes dans le monde, dont la moitié sur le Vieux Continent. Près d'un milliard de personnes à travers la planète doivent rester chez elles pour tenter d'entraver le virus.

L'Italie paie le plus lourd tribut, et de loin, avec 5.476 morts au total dont 651 morts en 24 heures selon le dernier bilan disponible dimanche. Une baisse néanmoins par rapport au pic de 793 morts la veille.

"Les chiffres annoncés aujourd'hui sont moindres que ceux d'hier. J'espère et nous espérons tous que ces chiffres pourront être confirmés dans les jours qui viennent", a dit le patron de la protection civile, Angelo Borrelli.

Ajoutant aux mesures déjà drastiques pour limiter les déplacements, le Premier ministre Giuseppe Conte avait annoncé samedi l'arrêt de "toute activité de production sur le territoire qui ne serait strictement nécessaire".

Les Etats-Unis, où 416 personnes ont succombé à ce stade au Covid-19 et plus de 33.000 ont été contaminées, préparent également une montée en puissance avec la mise en place en urgence d'hôpitaux de campagne d'une capacité totale de 4.000 lits.

- Trump "contrarié" -

Cette initiative annoncée lors d'une conférence de presse dimanche soir à la Maison Blanche par le président Donald Trump prévoit l'installation de 1.000 lits dans l'Etat de New York, le plus frappé, de 2.000 lits en Californie et de 1.000 lits dans l'Etat de Washington.

Le milliardaire s'est aussi dit "un peu contrarié" par l'attitude de la Chine, estimant que les autorités "auraient dû nous informer". "On aurait pu sauver de nombreuses vies dans le monde entier", a-t-il relevé.

La Chine nourrit à la fois les espoirs à travers le monde, avec un nombre désormais réduit de nouveaux cas (zéro cas "local" annoncé lundi), mais aussi des inquiétudes de deuxième vague de contamination à cause de cas "importés" (39 lundi).

Le pays a répertorié en tout 81.093 cas, dont 3.270 décès, et plus de 72.000 guérisons.

Outre cette crainte d'une éventuelle résurgence du coronavirus en Asie, la communauté internationale se fait particulièrement du souci pour le continent africain. S'il a jusqu'à présent été épargné, la détection de premiers cas se multiplie.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a prévu de s'adresser à la nation lundi, un peu plus d'une semaine après avoir déclaré l'état d'urgence dans le pays. Selon l'Institut national pour les maladies contagieuses, 274 cas de contamination étaient confirmés dans le pays dimanche mais aucun décès.

De leur côté, les Emirats arabes unis (2 décès, 150 contaminations) ont annoncé lundi la suspension mercredi pour deux semaines de tous les vols avec passagers, y compris en transit.

Ils avaient déjà annoncé samedi "la fermeture des plages, des parcs, des piscines, des cinémas et des salles de sport" et ont interdit aux étrangers ayant le droit de résidence de revenir dans le pays jusqu'à nouvel ordre.

En Europe, le président Emmanuel Macron a préparé la population à une extension du confinement en France (674 décès, 16.018 cas) tandis qu'en Espagne (1.720 morts, 28.572 cas), un hôpital de campagne a été mis en service à Madrid et le gouvernement a demandé le prolongement du confinement jusqu'au 11 avril.

- Report "inévitable"? -

La Grèce (15 morts, 624 contaminés) passera en confinement général à partir de lundi, après avoir pris des mesures graduelles de limitation des rassemblements et de déplacements.

Pèle-mêle: les deux principales villes de Madagascar, la capitale Antananarivo et Toamasina (est), sont en confinement à partir de lundi. La mairie de Mexico, critiquée pour avoir pris à la légère la pandémie, a ordonné dimanche la fermeture de certains établissements, dont les bars et discothèques.

Une grande question reste en suspens: reporter ou non les Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août).

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, devant le Parlement japonais lundi, a affirmé que le pays était toujours prêt à les accueillir, mais que "si cela devenait difficile, en tenant compte en priorité des athlètes", la décision d'un report "pourrait devenir inévitable".

Le Canada a été le premier pays à annoncer qu'il n'enverrait pas d'athlète si les dates actuelles étaient maintenues. Il met une pression supplémentaire sur le Comité international olympique, qui avait fini dimanche par entrouvrir la porte d'un report, et s'est donné quatre semaines pour décider.