Chute record en Australie, nouveaux reculs au Japon et en Chine, où la conjoncture se révèle encore pire que prévu: les Bourses ont piqué du nez lundi en Asie-Pacifique, malgré les efforts des banques centrales pour amoindrir l'impact économique du nouveau coronavirus.

L'explosion du nombre de cas de contamination dans le monde, particulièrement en Europe, tétanise les places financières, qui s'inquiètent du coup de frein économique en cours dans plusieurs pays.

Alors même que l'épidémie semble ralentir dans son berceau asiatique -- Chine, mais aussi Corée du Sud et Japon-- sa propagation sur les autres continents fait craindre une récession mondiale.

Après les records de baisse inscrits la semaine dernière par plusieurs places européennes, la Bourse australienne a ouvert la semaine par une chute inédite de 9,7%, l'indice ASX 200 terminant à 5.002,00 points.

"Les dernières annonces des Banques centrales n'ont pas permis de redonner confiance aux investisseurs", a commenté à Sydney la maison de courtage CommSec.

La Banque centrale américaine a brutalement abaissé ses taux à zéro dimanche dans l'espoir de rassurer les marchés. Au même moment, la Fed participait à une action concertée pour s'assurer que le monde ne manquait pas de dollars lundi.

La Fed, la Banque centrale européenne et les Banques centrales du Japon, Royaume-Uni, Canada et de Suisse, ont assoupli les conditions auxquelles elles s'échangent des devises entre elles, afin de pouvoir garantir un approvisionnement suffisant des marchés en dollars.

La Banque centrale américaine a par ailleurs annoncé l'achat de 500 milliards de dollars de bons du Trésor et de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires, pour "soutenir le bon fonctionnement" de ces marchés.

Mais ces annonces n'ont pas suffi à rassurer.

La Bourse de Tokyo a clôturé en forte baisse de 2,46% à 17.002,04 points, malgré d'autres mesures dévoilées en urgence par la Banque du Japon.

La banque a nettement augmenté ses objectifs annuels pour certains de ses rachats d'actifs. Son objectif annuel de rachats de fonds négociés en Bourse a été ainsi doublé à 12.000 milliards de yens (101 milliards d'euros).

En Chine, la Bourse de Shanghai a terminé en baisse de 3,4% à 2.789,25 points et celle de Shenzhen en repli de 4,83% à 1.712,02 points.

A environ une heure de la clôture, Hong Kong cédait plus de 4%.

Les statistiques du jour se sont révélées nettement pires que prévu pour la deuxième économie mondiale, paralysée par la lutte contre l'épidémie.

Au cours des deux premiers mois de l'année, la production industrielle chinoise s'est contractée pour la première fois en près de 30 ans (-13,5%), tandis que les ventes de détail se sont effondrées (-20,5%).

Les analystes interrogés par l'agence financière Bloomberg s'attendaient à des baisses respectives de 3% et 4% seulement.

La Banque centrale chinoise a pourtant abaissé lundi le taux de réserve obligatoire des banques, injectant 550 milliards de yuans (70,6 milliards d'euros) pour soutenir l'économie.

Mais cela ne suffit pas à soutenir la cote car "le coronavirus continue à se répandre à travers la planète et la demande de biens de consommation recule", a observé le courtier Guangzhou Wanlong Securities.

Wall Street pourrait ouvrir en forte baisse lundi, si l'on en croit les indications des titres à termes, qui préfigurent souvent l'humeur au début de la séance officielle.

Sur le marché des changes, l'euro remontait par rapport au dollar à 1,1139 dollar contre 1,1088 vendredi à 19H00 GMT.

Les prix du pétrole continuaient à chuter: le baril américain de West Texas Intermediate (WTI) s'échangeait à 30,62 dollars le baril vers 7H00 GMT, en baisse de 3,40% par rapport à la fermeture de vendredi.

Le baril de Brent de la mer du Nord cédait lui 5,11% à 32,12 dollars le baril.

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