Les autorités fédérales américaines ont procédé vendredi à leur dixième et dernière exécution de 2020, celle d'Alfred Bourgeois, un Afro-Américain condamné pour le meurtre de sa fille de 2 ans.

Cet ancien chauffeur routier de 55 ans reçu une injection létale dans le pénitencier de Terre-Haute, dans l'Indiana, où a déjà été exécuté la veille un autre condamné fédéral, Brandon Bernard.

Après un test de paternité, il avait accepté de prendre sa fillette avec lui dans son camion pour une partie de l'été 2002, mais lui avait fait subir de nombreux mauvais traitements. Il avait fini par lui fracasser le crâne sur le pare-brise.

Le crime s'étant déroulé sur une base militaire où il effectuait une livraison, il a été jugé par un tribunal fédéral et condamné en 2004 à la peine capitale.

Dans un communiqué, la famille de la petite fille a déclaré pouvoir "débuter le processus de guérison" tout en estimant qu'"il n'aurait pas dû falloir 18 années pour nous rendre justice".

Il était resté depuis 2004 dans les couloirs de la mort, les Etats-Unis n'ayant procédé à aucune exécution fédérale à partir de 2003, notamment en raison d'interrogations sur la légalité des drogues utilisées dans les injections.

En juillet, en pleine pandémie de Covid-19, l'administration de Donald Trump a toutefois renoué avec la pratique, bien que les Etats aient eux reporté leurs exécutions pour ne pas exposer au virus le personnel pénitentiaire ou les témoins.

Sept exécutions fédérales ont eu lieu avant la présidentielle du 3 novembre.

Le démocrate Joe Biden, qui a promis de travailler avec le Congrès pour mettre un terme définitif aux exécutions fédérales, a remporté ce scrutin -- ce que le républicain refuse de reconnaître -- et prendra ses fonctions le 20 janvier.

Traditionnellement, les présidents sortants sursoient aux exécutions pendant la période intérimaire, mais le ministre de la Justice Bill Barr a annoncé six nouvelles exécutions entre novembre et janvier, dont celle d'Alfred Bourgeois.

Ses avocats avaient demandé à la Cour suprême des Etats-Unis de lui accorder un répit, au motif qu'il souffre d'un gros retard mental.

"Le jury qui a condamné M. Bourgeois à la peine capitale ne savait pas qu'il avait un handicap intellectuel parce que ses avocats n'avaient pas présenté de preuves", a plaidé son nouvel avocat, Me Victor Abreu.

Les Etats-Unis ont exécuté 17 condamnés depuis le début de l'année, un plus bas historique provoqué par la pause observée dans les Etats. Pour le gouvernement fédéral en revanche, cette dixième exécution est un record depuis plus d'un siècle.