Le mouvement social des "gilets jaunes" né il y a six mois a été rythmé par des manifestations chaque samedi et des pics de violences, qui ont fait de nombreux blessés et donné lieu à quelque 2.000 condamnations en justice.

- 25 actes et une mobilisation fluctuante -

Depuis le début du mouvement, 47.695 manifestations et rassemblements de "gilets jaunes" ont été décomptés aussi bien sur les ronds-points que lors des "actes" organisés chaque samedi en France depuis six mois, selon le ministère de l'Intérieur.

A son pic, lors de l'"acte" fondateur le 17 novembre, ce mouvement inédit a rassemblé 282.000 personnes, selon les chiffres de l'Intérieur régulièrement contestés par les manifestants. Les trois samedis suivants ont eux aussi fortement mobilisé avec 166.000 manifestants dénombrés le 24 novembre et 136.000 lors des actes 3 et 4 début décembre.

La mobilisation a ensuite été variable, avant de décroître depuis la fin mars. Pour l'acte 25 samedi dernier, 18.900 "gilets jaunes" ont manifesté dans le pays, dont 1.460 à Paris, selon les chiffres officiels. La page Facebook du "Nombre jaune" avait elle décompté 40.291 manifestants.

Depuis le 17 novembre, le coût des dégradations commises durant ces manifestations s'élève par ailleurs à 200 millions d'euros, selon les chiffres de Bercy donnés fin mars.

- Près de 2.500 manifestants blessés -

Depuis le début du mouvement, 11 personnes sont mortes, principalement dans des accidents de la route.

Côté manifestants, 2.448 personnes ont été blessées, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur arrêtés au 13 mai. Selon le décompte tenu par le journaliste indépendant David Dufresne, 24 de ces blessés ont été éborgnés et cinq ont eu la main arrachée.

Côté forces de l'ordre, Beauvau a recensé 1.797 blessés, principalement des policiers ou des gendarmes, mais aussi quelques pompiers.

L'usage du lanceur de balles de défense (LBD) pendant les manifestations a été au centre d'une vive polémique sur les violences policières.

Depuis le 17 novembre, il y a eu 12.908 tirs de LBD lors des manifestations de "gilets jaunes", selon des chiffres de Beauvau actualisés mercredi, qui retirent des "doublons" comptabilisés jusqu'à présent.

Plus globalement, 256 enquêtes pour des soupçons de violences policières ont été ouvertes. Quinze d'entre elles concernent la gendarmerie, dont 5 à l'IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale). Les 241 restantes sont du ressort de la "police des polices" (l'Inspection générale de la police nationale, IGPN), selon le ministère de l'Intérieur. Une soixantaine de ces enquêtes ont été transmises aux parquets concernés.

- Plus de 10.000 gardes à vue -

Au total, 12.107 personnes ont été interpellées en six mois, dont 10.718 ont été placées en garde à vue, selon l'Intérieur.

Il y a eu, selon les derniers chiffres de la Chancellerie datant de début avril, près de 2.000 condamnations et autant d'affaires classées sans suite.

Environ 40% des condamnations prononcées par les tribunaux étaient des peines d'emprisonnement ferme, selon cette source.