Les Néerlandais votaient mercredi lors d'élections législatives aménagées à cause du Covid-19, pour élire, selon le Premier ministre Mark Rutte, le meilleur dirigeant pour faire face à la pandémie.

Mercredi était le dernier jour du scrutin, considéré comme un test de la gestion de l'épidémie par le gouvernement actuel et qui devraient permettre à M. Rutte de décrocher un nouveau mandat.

Premier pays européen à tenir des élections en cette nouvelle année marquée par le coronavirus, les Pays-Bas ont organisé le scrutin sur trois jours pour que les personnes à risque puissent voter en toute sécurité.

Les urnes se trouvent dans des endroits inhabituels tels que le musée Van Gogh à Amsterdam, des hôtels, des gares, des églises et des centres de tests aux quatre coins des Pays-Bas, où l'on peut parfois voter à vélo ou en voiture.

Les bureaux de vote ferment à 21H00 (20H00 GMT) et les premières estimations sont attendues peu après.

Au pouvoir depuis 2010, le Premier ministre libéral-conservateur Mark Rutte semble en passe d'être réélu pour un quatrième mandat, à l'heure où le coronavirus a détourné l'attention d'autres problèmes tels que l'immigration, qui avait dominé les élections précédentes.

- "Intouchable" -

"La campagne est différente de ce qu'elle était par rapport aux autres élections et elle est vraiment axée sur ce qui se passe actuellement", a déclaré à l'AFP Twan Compen, électeur de 37 ans.

Quoiqu'il arrive, le Premier ministre reste "un peu intouchable", note un autre électeur, Erik Spruijt, 35 ans, au terme d'une campagne "moins intense que les années précédentes".

M. Rutte s'est lui-même dit "prudemment" optimiste après être descendu de son vélo devant une école à La Haye, où il s'apprêtait à voter.

Son Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) est largement en tête dans les sondages et devrait pouvoir diriger un nouveau gouvernement de coalition. Dans les sondages il est suivi par le PVV (Parti de la liberté) du député anti-islam Geert Wilders.

"Je suis fier de ce que nous avons accompli au cours des 10 dernières années aux Pays-Bas", l'une des économies les plus performantes d'Europe, a déclaré M. Rutte devant les journalistes.

"La principale question lors de ces élections est de savoir qui peut le mieux mener ce pays à travers la crise du coronavirus", a-t-il ajouté.

- "Mal préparés" -

Un nombre record de 37 partis se disputent 150 sièges à la chambre basse du Parlement, dans un paysage politique fragmenté qui oblige à des coalitions complexes.

M. Rutte a exclu toute coalition avec Geert Wilders "à cause de ce qu'il a dit sur l'islam et le Coran". Un des partis de la coalition actuelle, l'Appel chrétien-démocrate (CDA) du ministre des Finances Wopke Hoekstra, serait à nouveau un "partenaire naturel" pour le Premier ministre.

Malgré une légère baisse dans les sondages ces derniers jours, le VVD reste crédité d'environ 25% des voix, ce qui lui donnerait un peu plus que ses 32 sièges actuels, tandis que le PVV obtiendrait environ 13% des suffrages.

M. Wilders, qui espère conserver le statut de deuxième plus grand parti au parlement, a critiqué mercredi la gestion de la crise par le gouvernement.

Les Pays-Bas, qui comptent 17 millions d'habitants, ont jusqu'à présent recensé plus de 1,1 million de cas de coronavirus et quelque 16.100 décès.

"Je ne blâme pas le gouvernement néerlandais pour la présence du virus. Mais ils n'étaient pas préparés, ils étaient très mal préparés", a-t-il déclaré devant les journalistes.

Le député anti-islam a insisté pour que son parti soit invité à la table des négociations lors de la formation d'une coalition gouvernementale à l'issue du scrutin.

Surnommé le Premier ministre "Téflon" pour sa capacité à sortir indemne des crises politiques, Mark Rutte a pourtant été contraint de démissionner en janvier après que des milliers de parents ont été accusés à tort de fraude aux allocations familiales.

Son gouvernement est toutefois resté en place pour s'occuper des affaires courantes.