Le Liban est en proie à une grave crise économique depuis plus d'un an. Sa monnaie est en chute libre, l'inflation a explosé, la pauvreté aussi, des dizaines de milliers de personnes ont été licenciées ou ont subi des baisses de salaire.

A eux seuls, les nombres illustrent l'ampleur de la dérive.

Dépréciation

La livre libanaise a perdu près de 90% de sa valeur. Si le taux officiel reste de 1.507 livres pour un dollar, au marché noir il avoisine les 15.000 livres pour un dollar.

Pauvreté

55% des plus de quatre millions de Libanais vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 3,84 dollars par jour, selon l'ONU.

La part de la population vivant dans l'extrême pauvreté est montée à 23% (ONU).

35% des foyers interrogés ont réduit le nombre de repas quotidiens, selon une étude réalisée fin 2020 par le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Banque mondiale (BM).

Inflation

Fin 2020, l'inflation annuelle atteignait 145,8%, selon des statistiques officielles.

Les prix des produits alimentaires ont quintuplé en un an, selon le PAM.

Le prix d'un panier alimentaire, contenant notamment du riz, du boulgour, des pâtes et de l'huile, a pratiquement triplé depuis octobre 2019 (PAM).

Le tarif du pain au kilo a presque doublé depuis mai 2020. Début mars, le prix de la viande avait augmenté de 110% sur un an et celui du poulet de 65% (BM).

Salaire médian

Avant la crise de 2019, le salaire médian (qui sépare les salariés qui gagnent le moins de la moitié qui gagne le plus) était de 950.000 livres libanaises, selon l'administration des statistiques.

Au taux officiel, cela équivaut à environ 630 dollars. Au marché noir, c'est désormais un peu plus de 60 dollars.

Quant au salaire minimum (675.000 livres), il vaut désormais environ 45 dollars.

Chômage

Fin 2020, le taux de chômage était évalué à 39,5% par la BM et le PAM.

Entre 2019 et 2020, le nombre d'emplois à temps plein dans le secteur du bâtiment a baissé de 40% et de 31% dans le secteur de l'hôtellerie/restauration (ONU).

Récession

En 2020, le pays a enregistré une contraction de 25% de son Produit intérieur brut (FMI).

Dette publique

La dette publique a atteint 95,6 milliards de dollars fin 2020, selon une note de Byblos bank. Soit 171,7% du PIB (FMI).

Balance des paiements

Ultime signe d'une chute des transferts provenant de l'étranger: la balance des paiements a affiché un déficit record de 10,2 milliards de dollars sur les onze premiers mois de 2020, selon les statistiques de la Banque centrale citées dans un rapport de la banque Audi.

Réserves en devises

Les réserves de la Banque centrale s'élevaient mi-mars à 17,5 milliards de dollars, selon le site de la Banque du Liban, mais des experts estiment que le niveau pourrait être inférieur.

Un an plus tôt, les réserves étaient de 30,3 milliards de dollars, selon une note de Byblos bank, qui impute cette fonte aux subventions aux importations (carburant et blé notamment).

Allocations sociales

Un prêt de 246 millions de dollars de la Banque mondiale doit financer des allocations pour 147.000 foyers défavorisés (près de 786.000 Libanais). Chaque ménage doit recevoir une base de 200.000 livres libanaises, plus 100.000 livres par personne.

Electricité

La compagnie publique Electricité du Liban (EDL) couvre seulement 63% des besoins, selon une étude de l'Université américaine de Beyrouth (AUB) publiée en décembre. D'où des délestages quotidiens allant de trois à douze heures.

Pourtant le secteur engloutit les financements de l'Etat, avec environ 40 milliards de dollars déboursés depuis 1992, selon une autre étude de l'AUB.

Explosion au port

L'explosion meurtrière au port de Beyrouth en août 2020 a occasionné des dégâts et pertes économiques estimés par la BM entre 6,7 et 8,1 milliards de dollars.

Réfugiés

Le Liban dit accueillir 1,5 million de Syriens, dont près d'un million de réfugiés inscrits auprès de l'ONU. Neuf sur dix vivent dans une pauvreté extrême, selon l'ONU.

Le pays accueille également près de 180.000 réfugiés Palestiniens vivant dans le plus grand dénuement. Un chiffre en-deçà des estimations circulant dans le pays, qui vont jusqu'à 500.000 réfugiés.