Avec un Conseil de défense écologique mercredi puis une visite jeudi à la mer de Glace, Emmanuel Macron veut marquer les esprits pour annoncer des mesures en faveur de l'écologie et de la biodiversité, enjeux des prochaines échéances électorales.

"La fin du quinquennat, après les retraites, c’est le régalien et l’écologie", a-t-il assuré mardi soir aux députés de la majorité, placés sous pression par la réforme des retraites.

Désireux de tourner la page, le chef de l'Etat réunit mercredi son quatrième Conseil de défense écologique (CDE), qui doit confirmer l'objectif d'une augmentation de moitié des aires protégées.

Celles-ci devront couvrir 30% du territoire via des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux et en parcs naturels régionaux. Quatre nouveaux parcs seront ainsi créés pour le Mont Ventoux, la Baie de Somme, les Corbières et dans une partie du Doubs.

Le CDE se penchera également sur la lutte contre l'érosion maritime, avec la "relocalisation" envisagée de 5.000 à 50.000 logements menacés sur les côtes, a indiqué la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, au Parisien.

Des mesures seront en outre annoncées pour "verdir" les services de l'Etat, dont l'Elysée, avec notamment l'extension aux fonctionnaires du "forfait mobilité durable" pour inciter à hauteur de 200 euros par an à l'utilisation du vélo ou au covoiturage.

Emmanuel Macron se rendra ensuite à Chamonix, où il est attendu au refuge du Montenvers, à 1.913 mètres d'altitude, en surplomb de la mer de Glace. Il y discutera réchauffement climatique et biodiversité alpine au cours d'un dîner avec des experts.

Jeudi matin, le président descendra l'escalier de 500 marches qui mène à la célèbre Mer de Glace. Son spectaculaire recul ces dernières années offre une image frappante de l'impact du réchauffement en France.

Emmanuel Macron doit ensuite annoncer des mesures de protection du massif du Mont-Blanc et de son écosystème, menacés par la surfréquentation et les incivilités des visiteurs.

Le Mont-Blanc, qui culmine à 4.809 m, sera davantage protégé par l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle.

- "Petits pas" -

Ces derniers étés, plusieurs incongruités ou dégradations ont émaillé les ascensions du mont Blanc: l'atterrissage d'un avion de tourisme non loin du sommet pour que deux alpinistes suisses n'aient plus qu'à gravir les derniers mètres, un Britannique qui avait monté un rameur mais pas réussi à le redescendre, des Lettons qui avaient tenté de monter un mât de 10 mètres pour y faire flotter leur drapeau...

Mais ces quelques cas, médiatisés grâce aux réseaux sociaux, ne concernent qu'une poignée des quelque 20.000 personnes qui tentent l'ascension.

Les autorités ont également décidé de rendre obligatoire la réservation en refuge, pour lutter contre les bivouacs sauvages, interdits sur ce site classé.

Emmanuel Macron est en outre attendu par les associations locales sur les problèmes de qualité de l'air dans la vallée de l'Arve, lieu de passage de très nombreux poids lourds.

"Je ne peux pas interdire aux camions de passer", a-t-il lancé dans une interview au Dauphiné Libéré, en préconisant une politique européenne de renouvellement du parc de camions. "Si j’impose ce renouvellement seulement aux camions de la région, je les tue, car des camions viendront d’Espagne ou de Roumanie. La question est comment on oblige tous les roulants en Europe à renouveler leur parc", a-t-il plaidé.

En janvier, les ONG de défense de l'environnement avaient dénoncé, à l'instar de Nicolas Hulot avant de claquer la porte du gouvernement en 2018, le "grand écart" entre les "petits pas" du gouvernement pour le climat et les discours d'Emmanuel Macron.

"Tant mieux s'il prend des bonnes mesures pour protéger le site du Mont Blanc, qui est très abîmé", a déclaré l'écologiste Yannick Jadot sur BFM TV. Mais "on peut sourire du fait que le président convoque ces comités de défense écologique quelques semaines avant une échéance électorale", en l’occurrence les municipales de mars, qui pourraient se traduire par une poussée des écologistes.