Après avoir présidé un Conseil de défense écologique, Emmanuel Macron est attendu mercredi soir au pied du mont Blanc pour annoncer des mesures en faveur de l'écologie et de la biodiversité, enjeux des prochaines échéances électorales.

"La fin du quinquennat, après les retraites, c’est le régalien et l’écologie", a-t-il assuré mardi soir aux députés de la majorité, placés sous pression par la réforme des retraites.

Désireux de tourner cette page qui s'étend pourtant au parlement, le chef de l'Etat a réuni à l'Elysée son quatrième Conseil de défense écologique (CDE), une instance créée à l'issue du "grand débat" au printemps 2019.

Consacrée à l'adaptation au dérèglement climatique, cette réunion a notamment confirmé l'objectif d'une augmentation des aires protégées en France, qui devront couvrir 30% du territoire, contre 23,9% actuellement, via des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux et en parcs naturels régionaux. Quatre nouveaux parcs verront ainsi le jour au Mont Ventoux, dans la Baie de Somme, les Corbières et une partie du Doubs.

Dix ans après la terrible tempête Xynthia, qui avait frappé les côtes vendéennes et fait 47 morts, le Conseil de défense écologique s'est également penché sur la lutte contre l'érosion maritime et la prévention des inondations, qui concernent 17 millions de Français.

Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, a indiqué que 50.000 logements menacés pourraient être "relocalisés" d'ici la fin du siècle.

Défendant la politique des "petits pas", le gouvernement a en outre annoncé 20 mesures pour "verdir" les services de l'Etat, dont l'Elysée, avec notamment l'extension aux fonctionnaires du "forfait mobilité durable" pour inciter à hauteur de 200 euros par an à l'utilisation du vélo ou au covoiturage.

Emmanuel Macron devait arriver en fin d'après-midi à Chamonix, où il est attendu au refuge du Montenvers, à 1.913 mètres d'altitude, pour un dîner avec des experts axé sur l'impact du réchauffement climatique, notamment sur les Alpes.

Jeudi matin, le président descendra l'escalier de 500 marches qui mène à la célèbre Mer de Glace. Son spectaculaire recul ces dernières années offre une image frappante de l'impact du réchauffement en France.

Emmanuel Macron doit ensuite détailler des mesures de protection du mont Blanc et de son écosystème, menacés par la surfréquentation et les incivilités des visiteurs. Le massif, qui culmine à 4.809 m, sera davantage protégé par l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle.

- "opération de communication" -

Ces derniers étés, plusieurs incongruités ou dégradations ont émaillé les ascensions du mont Blanc: l'atterrissage d'un avion de tourisme non loin du sommet pour que deux alpinistes suisses n'aient plus qu'à gravir les derniers mètres, un Britannique qui avait monté un rameur mais pas réussi à le redescendre, des Lettons qui avaient tenté de monter un mât de 10 mètres pour y faire flotter leur drapeau...

Mais ces quelques cas, médiatisés grâce aux réseaux sociaux, ne concernent qu'une poignée des quelque 20.000 personnes qui tentent l'ascension.

Les autorités ont également décidé de rendre obligatoire la réservation en refuge, pour lutter contre les bivouacs sauvages, interdits sur ce site classé.

Emmanuel Macron est en outre attendu par les associations locales sur les problèmes de qualité de l'air dans la vallée de l'Arve, lieu de passage de très nombreux poids lourds.

"Je ne peux pas interdire aux camions de passer", a-t-il lancé dans une interview au Dauphiné Libéré, en préconisant une politique européenne de renouvellement du parc de camions. "Si j’impose ce renouvellement seulement aux camions de la région, je les tue, car des camions viendront d’Espagne ou de Roumanie. La question est comment on oblige tous les roulants en Europe à renouveler leur parc", a-t-il plaidé.

"Tant mieux s'il prend des bonnes mesures pour protéger le site du mont Blanc, qui est très abîmé", a déclaré l'écologiste Yannick Jadot sur BFM TV. Mais "on peut sourire du fait que le président convoque ces comités de défense écologique quelques semaines avant une échéance électorale", en l’occurrence les municipales de mars, qui pourraient se traduire par une poussée des écologistes.

"Ce gouvernement s'enferme une nouvelle fois dans les petits pas tandis qu'Emmanuel Macron tombe dans la caricature avec une vaste opération de communication pour verdir son image avant les municipales", a pour sa part dénoncé Clément Sénéchal, de Greenpeace France.