Avancer les vacances scolaires de printemps ? Étendre les mesures de freinage à d'autres départements? Accélérer la vaccination? Emmanuel Macron a tranché face à la troisième vague de Covid-19 et l'annoncera aux Français à 20h mercredi.

Alors que plus de 5.000 patients sont en réa, les Français sont suspendus aux arbitrages du chef de l'Etat, après un Conseil de défense au cours duquel "des décisions ont été actées", selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Ces mesures, qui visent à "voir la lumière au bout du tunnel" selon lui, devraient être en partie "nationales" et concerner notamment "l'école, les déplacements et la vaccination", a indiqué une source gouvernementale.

Signe de l'importance de ces annonces, le Premier ministre Jean Castex prononcera jeudi une déclaration, qui sera suivie d'un débat et d'un vote devant les deux chambres du Parlement "sur l'évolution de la situation sanitaire".

"Nous avons des semaines difficiles devant nous", a insisté Gabriel Attal, en précisant que les nouvelles mesures tiennent compte "de la dynamique de l'épidémie" mais aussi de leurs conséquences "sur le moral de nos compatriotes, sur l'éducation de nos enfants et sur l'activité dans notre pays". "Mais le facteur clé de nos décisions reste la situation de nos hôpitaux", a-t-il ajouté.

Pour se décider, Emmanuel Macron s'appuie sur les dernières données épidémiques, mais sans pouvoir réellement évaluer encore l'effet du confinement hybride mis en place il y a 13 jours dans 16, puis 19, départements, dont ceux de l'Ile-de-France et des Hauts-de-France, et qui concerne un tiers de la population française.

Le nombre de malades en réanimation a grimpé à 5.072, au-delà des capacités hospitalières normales et du pic de la deuxième vague de novembre.

En comptant les malades du Covid et les autres, près de neuf lits de réanimation sur 10 (6.833 sur 7.665 à la date du 26 mars) sont actuellement occupés, selon le ministère de la Santé qui précise que "la montée en charge des capacités se poursuit dans toutes les régions".

Faute de mesures rapides, des médecins et des responsables hospitaliers ont averti du risque de devoir "trier" les malades faute de lits. Un scénario "impossible" pour le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a réaffirmé mardi: "nous ne laisserons pas saturer les hôpitaux, nous ne laisserons pas les médecins devoir trier des malades".

- Fermeture des écoles? -

De plus en plus de voix s'élèvent pour la fermeture des écoles ou l'allongement des vacances scolaires, ce que le chef de l'Etat et le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer n'ont dit vouloir prendre qu'en dernier recours.

L'une des pistes examinées est d'avancer à ce week-end les vacances de printemps prévues à partir du 10 avril, pour fermer les écoles plus longtemps.

"Je regrette que cette proposition, que j'ai mise en débat il y a huit jours, n'ait pas pu être retenue plus tôt", "pour que les parents, les familles puissent s'organiser", a déploré par avance la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse sur LCI.

La maire de Paris Anne Hidalgo a demandé mercredi la fermeture des écoles dans la capitale, au vu de la situation sanitaire "très grave" et de la "désorganisation très grande" dans les établissements.

Les écoles sont un "des lieux majeurs de la contamination", estime le Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de l'université de Genève, qui préconise leur fermeture dans le cadre d'un confinement "strict".

Parmi les paramètres de l'équation, l'acceptabilité de nouvelles restrictions compte beaucoup pour l'exécutif, face à une population de plus en plus rétive. Comme en témoigne la fête sauvage qui a rassemblé 300 personnes sur les quais de la Saône à Lyon mardi.

- "Aucune vision" -

Plus que jamais, Emmanuel Macron compte sur une arrivée massive de vaccins en avril pour surmonter la crise, en suivant l'exemple du Royaume-Uni qui commence à entrevoir le bout du tunnel.

Pour cela, il peut compter sur l'arrivée du quatrième vaccin, celui Johnson & Johnson, dont environ huit millions de doses du vaccin Covid-19 seront livrées d'ici à fin juin, dont 500.000 doses en avril, a indiqué le ministère de la Santé.

Jusqu'à présent, quelque 8,2 millions de premières doses et 2,8 millions de secondes ont été injectées en France. "Nous tiendrons nos objectifs de 10 millions de vaccinés dès la mi-avril, 20 millions à la mi-mai et 30 millions en juin, et tous les adultes qui le souhaitent d'ici à la fin de l'été", a réaffirmé Gabriel Attal.

Le chef de l'Etat pourrait aussi annoncer mercredi une extension de la vaccination à des professions exposées comme les enseignants ou les policiers.

La lenteur de la vaccination est l'un des principaux griefs de l'opposition vis-à-vis d'Emmanuel Macron, un "roi thaumaturge" pour Olivier Faure (PS), n'ayant "aucune vision", selon Marine le Pen (RN) et qui se "comporte de manière totalement irresponsable", selon Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Illustration de l'impact social de la crise, des produits de première nécessité (lait, couches et petits pots) vont être distribués d'ici l'été à 50.000 tout-petits dont la situation de précarité des parents a été fortement dégradée par le Covid-19, a annoncé mercredi le secrétariat d'Etat à l'Enfance.