Didier Gailhaguet "dira devant le juge que je suis moralisatrice", a lancé jeudi au micro de la radio RTL la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, à propos du patron du patinage français qui refuse de démissionner, en plein scandale de violences sexuelles.

La veille, le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) a déploré que la ministre, "moralisatrice", ne l'écoutait pas, "drapée dans ses certitudes".

"Il dira, lorsqu'on aura des témoignages, pour le mettre lui en cause personnellement ou lui en tant que président de fédération, il dira devant le juge que je suis moralisatrice", a prévenu jeudi Roxana Maracineanu.

"Il trouve plus intéressant de défendre son poste, je ne suis pas étonnée parce qu'il est accroché à ce poste depuis longtemps", a-t-elle ajouté, allusion au fait que Didier Gailhaguet préside la FFSG depuis 1998, avec une seule interruption entre 2004 et 2007.

"Il était dans l'illégalité pendant des années en cumulant des fonctions qu'il n'avait pas à cumuler, de cadre technique d'Etat et de président de fédération", a-t-elle accusé.

Elle a réaffirmé que Didier Gailhaguet devait démissionner: "Sinon ça se réglera ailleurs (...) Lorsqu'on produira des témoignages au juge, il dira que je suis moralisatrice, que je suis violente...".

Concrètement, Roxana Maracineanu reproche à la FFSG d'avoir remis l'entraîneur Gilles Beyer, aujourd'hui accusé de viol par l'ancienne championne de patinage Sarah Abitbol, dans le circuit au début des années 2000, malgré une enquête administrative soulignant des attitudes inappropriées.

L'enquête avait conduit le ministère à sortir l'entraîneur de ses rangs en 2001, mais il avait ensuite retrouvé une place dans son club d'origine, les Français volants, à Paris, ainsi que dans les instances de la FFSG.

"Je n'ai absolument pas protégé Gilles Beyer", s'est défendu la veille Gailhaguet.

"Quand il dit qu'il ne sait pas, il était où, il était sur quelle planète ?", a demandé Roxana Maracineanu, qui a décrit "une petite fédération", "un petit monde".

La ministre a également relancé un appel aux victimes, dans tous les sports, les incitant même à appeler "au ministère des Sports": "à partir du moment où on a une plainte, un témoignage, on peut agir". "C'est important que tout sorte".