Deux ressortissants guatémaltèques et deux mexicains ont été identifiés parmi les 19 corps retrouvés brûlés sur une route rurale dans une zone frontalière entre le Mexique et les Etats-Unis, a-t-on indiqué samedi de source judiciaire.

"Pour le moment, quatre victimes ont été identifiées grâce à des informations des familles, dont deux de nationalité mexicaine et deux de nationalité guatémaltèque", a déclaré dans un communiqué le parquet de Tamaulipas, dans le nord du Mexique.

Les quatre victimes sont les premières à être identifiées par les autorités mexicaines après les incidents survenus le 22 janvier dans la municipalité de Camargo.

Les habitants de la ville de Comitancillo, au Guatemala, soupçonnent qu'au moins une douzaine de leurs proches font partie des 19 personnes qui ont été retrouvées brûlées, selon les autorités du pays d'Amérique centrale.

"De manière préliminaire et sous réserve des résultats définitifs, il a été déterminé que 16 (victimes) étaient de sexe masculin, une de sexe féminin tandis que deux corps sont en attente de clarification en raison du degré élevé de calcination", a précisé le parquet.

Les autorités ont établi que la camionnette où les corps ont été retrouvés avait reçu 113 impacts de balles.

Selon les premiers éléments de l'enquête, aucune douille n'a été trouvée sur place, le parquet n'excluant pas que les victimes aient pu être tuées dans un autre endroit.

Camargo, 15.00 habitants, est frontalière du Texas et proche de l'Etat mexicain du Nuevo León.

La ville est également voisine de Miguel Aleman (20.000 habitants) jouxtant la ville américaine de Roma (Texas). En janvier 2019, 24 cadavres, dont 15 calcinés, avaient été retrouvés à Miguel Aleman, après des affrontements entre groupes criminels.

La région est régulièrement le théâtre d'affrontements entre le cartel du Nord-Ouest, qui contrôle une partie du Nuevo León, et celui du Golfe, qui depuis des décennies sévit à Tamaulipas.

Le Mexique a enregistré 34.523 assassinats en 2020, en léger recul par rapport à 2019 (34.608) qui marquait un record depuis que le gouvernement a commencé à les recenser en 1997, selon des chiffres officiels.

La violence n'a cessé de croître dans le pays depuis fin 2006, date à laquelle la lutte contre le trafic de drogue est devenue l'affaire de l'armée, avec plus de 300.000 assassinats depuis cette date.