La compagnie minière Grupo Mexico, responsable de la pollution début août d'une rivière du nord du Mexique par des fuites massives d'acide sulfurique, continue de déverser ses substances toxiques, ont indiqué les autorités locales de l'Etat de Sonora, ce que dément catégoriquement la mine.

"A compter de ce jour, l'Etat de Sonora rompt totalement ses relations de quelque nature que ce soit avec la mine de Buena Vista del Cobre", dans la mesure où elle continue de déverser des substances toxiques de manière délibérée, a indiqué lors d'une conférence de presse, Carlos Arias, directeur de la Protection civile de la région.

Cette mine, l'une des plus importantes au monde avec une production annuelle de 200.000 tonnes de cuivre, a révélé qu'une fuite dans l'un de ses conteneurs avait causé le 6 août dernier l'écoulement de 40.000 mètres cubes d'acide sulfurique dans le ruisseau Tinajas, situé à Cananea, qui rejoint le fleuve Bacanuchi et le fleuve Sonora (Nord-ouest du Mexique).

Après le déversement, une couleur orangée a recouvert le fleuve sur plus de 150 kilomètres et la substance toxique a atteint quelque sept municipalités, privant d'eau environ 20.000 habitants.

M. Arias a déclaré que la mine, filiale de Grupo Mexico, avait refusé de laisser passer les enquêteurs et a prévenu que les autorités de Sonora allaient se rendre de nouveau dans l'entreprise, mais cette fois avec l'appui de la force publique.

"Nous allons agir en nous appuyant sur la loi parce qu'ils (les responsables de la mine) s'engagent sur une voie que nous ne pouvons pas suivre", a-t-il commenté, en précisant qu'il envisageait la fermeture définitive de la mine.

De son côté, l'entreprise a indiqué dans un communiqué diffusé dans la nuit qu'elle "dément catégoriquement les accusations proférées", par M. Arias.

"Bien qu'il soit de la compétence des autorités d'assurer la conformité des normes de protection civile, la mine de Buena Vista del Cobre a collaboré avec les autorités", a déclaré l'entreprise qui "déplore la politisation de cet accident".

Pour tenter de réparer les dégâts environnementaux, la mine a mis deux milliers de pesos (120 millions d'euros) en garantie dans une fiducie, mais les autorités environnementales ont également infligé à l'entreprise des amendes pour un peu plus de 44 millions de pesos (environ 3 millions de dollars US).

De son côté, le ministère public cherche à prouver que le déversement d'acide sulfurique est dû à une défaillance de l'installation ou de la construction d'un pipeline et non à des pluies excessives, comme le fait valoir l'entreprise.

Le gouvernement fédéral écarte pour le moment une fermeture temporaire ou définitive de la mine --qui emploie un nombre important d'habitants de la région--, même si des experts considèrent qu'il s'agit du plus grand désastre environnemental de l'industrie minière qui ait pu avoir lieu au Mexique.