Trop perméable en défense, affaiblie par plusieurs absences, l'équipe de France de handball a vu son rêve de titre s'envoler au Mondial en Egypte, battue en demi-finale par une Suède jeune et talentueuse 32-26 vendredi au Caire.

Vingt ans après sa dernière finale, la Suède affrontera dimanche le Danemark pour tenter de remporter un 5e titre et se rapprocher de la France (6) en tête du palmarès.

Si l'on excepte l'Euro 2020, c'est la 3e fois de suite, après l'Euro 2018 et le Mondial 2019, que les Français échouent largement en demi-finale. "On va dire que ça fait partie de l'apprentissage et qu'on reviendra plus fort", a positivé Dika Mem, en berne dans la grande salle vide du Caire (3 buts sur 8 tirs).

Les Bleus joueront la médaille de bronze face à l'Espagne, qui a échoué de peu face aux Danois (35-33). Une 3e place ne serait pas un échec pour le premier tournoi de Guillaume Gille, nommé sélectionneur en janvier 2020 dans la foulée de l'élimination historique au premier tour de l'Euro. "Ce serait une lueur d'espoir pour les années futures, et à court terme pour le TQO (Tournoi de qualification olympique) et potentiellement les Jeux si on se qualifie", a souligné Ludovic Fabregas.

- Le contraste des gardiens -

La marche était peut-être trop haute pour un groupe venu en Egypte sans l'icône Nikola Karabatic ni Elohim Prandi, et qui a perdu en cours de route le gardien Wesley Pardin, ainsi que l'arrière gauche Timothey N'Guessan et le pivot Luka Karabatic, touchés en quarts contre la Hongrie.

Sans Karabatic ni grand gardien au rendez-vous, les Bleus ont d'abord coulé en défense. En attaque, ils sont tombés face à un grand Andreas Palicka (11 arrêts à 31%) quand Vincent Gérard et Yann Genty terminent avec 4 arrêts à eux deux. "Au niveau des gardiens, on est derrière, mais aussi des jets francs, des exclusions, de l'efficacité au shoot", les a défendus Fabregas.

Dans un début de match de haut vol comme sur le kung-fu de Michaël Guigou pour Dika Mem (3-4), les Suédois ont rapidement pris l'avantage pour ne le relâcher qu'une seule fois de tout le match, quand Luc Abalo a inscrit deux buts coup sur coup (7-6).

Outre Palicka, les Suédois ont repris le contrôle grâce à leur défense mobile et leurs attaques lechées, à l'image du prodige Daniel Petersson (6/6). Et Felix Claar a fait gonfler l'avance pour les Scandinaves (8-12).

- Mahé transparent -

Guillaume Gille a alors fait bouger les lignes: exit le meneur Kentin Mahé, transparent, et Gérard, ainsi que l'arrière gauche Romain Lagarde, à l'apport insuffisant et remplacés par Nedim Remili, Yann Genty et Jean-Jacques Acquevillo.

Devenu une option au demi-centre en cours de tournoi, Remili a maintenu les Bleus à flots avec deux buts d'entrée (10-12) et en apportant plus de profondeur dans les attaques. Mais les Suédois, portés par les contre-attaques et quelques exploits individuels comme celui de Hampus Wanne sur l'aile gauche, restaient devant, galvanisés par l'arrêt fantastique de Palicka - pied droit à 2 m de hauteur, au niveau de la barre - sur Valentin Porte, juste avant la pause (13-16).

A la pause, la Suède n'avait raté qu'un tir (16/17) alors que les Français, contrés par Palicka affichaient un faible pourcentage de 54% en attaque.

Souvent dans ce Mondial, les Bleus étaient parvenus à prendre le dessus en début de seconde période. Pas cette fois. Palicka n'a pas baissé le rythme, Wanne non plus (11 buts en tout) et Jim Gottfridsson a porté l'avance scandinave à 5 buts (18-23).

Gille a eu beau tout tenter, en incluant le remplaçant Nicolas Claire, auteur du but de l'espoir (20-23, 45e), ou en faisant revenir Gérard à la place de Genty. Descat (5/5) a confirmé son excellent Mondial mais à chaque fois, les Suédois ont répliqué (21-25) pour conserver une bonne marge d'avance.

Les Suédois jouaient à leur rythme, et Remili a fini par baisser le sien. Avec le carton rouge d'Adrien Dipanda, un marcher de Claire et un tir raté de Mem, leur chance était passée (24-28, 24e). "C'est peut-être la première fois que je joue un match où on abandonne longtemps avant la fin, dix minutes avant", a déploré Abalo.

En revenant chiper en défense le ballon qu'il venait juste de perdre, Gottfridsson a offert une fin de match tranquille à des Suédois en démonstration.