"C'est tellement bien d'avoir un chat chez soi": en période de confinement, les bêtes à poils ou à plumes offrent un réconfort à leurs propriétaires et, parfois aussi, une raison légale de prendre l'air, même si leur situation peut se révéler "précaire" en temps de crise.

Attestations en main, Clarisse Gérard et son compagnon sortent promener Nouna, Marlow et Oria, dans le petit village de Trois-Fontaines-l'Abbaye (Marne). Depuis le confinement, ce couple qui travaille dans le secteur du bâtiment est au chômage partiel.

Les trois chiens sont "toute la journée avec nous. Ça donne de la vie à la maison, ça fait du bien", confie la jeune femme, précisant qu'à la campagne "on ne croise absolument personne".

Les propriétaires de chiens sont en effet autorisés à les sortir, pour des "déplacements brefs, à proximité du domicile liés (...) aux besoins des animaux de compagnie", selon les mesures du confinement.

Un précieux sésame, surtout en ville. En Italie, soumis à un confinement drastique depuis plusieurs semaines, promener son chien est devenu la solution légale toute trouvée pour sortir de chez soi.

A Reims, Nox, bouledogue français de deux ans, peut se dégourdir les pattes pendant 20 minutes dans les rues de la ville. "Je ne fais que le tour du pâté de maison, et je prends mon attestation avec moi", assure Anne-Laure Seurat, sa maîtresse et avocate.

Heureusement, son toutou n'est "pas un grand sportif", sourit-elle.

A Morgny (Eure), Maud Walon continue de profiter de ses sept oiseaux et jongle entre leurs différents régimes alimentaires: extrudés pour ses perroquets, viande crue spécifique pour les rapaces, dont l'approvisionnement la rend "plus inquiète".

"Mais j’ai du stock de poussins congelés et je pense tenir un mois", calcule-t-elle, sans savoir comment gérer si le confinement s'étire.

Certains magasins d'aliments restaient ouverts à ce stade, même si de nombreux propriétaires ont anticipé en faisant des stocks de croquettes, litières, graines ou granulés.

La France compte quelque 63 millions d’animaux de compagnie, présents dans plus d'un foyer sur deux.

- "Psychoter" -

Et la plupart d'entre eux se révèlent de bons alliés contre la routine liée à l'enfermement.

"En période de confinement, c'est tellement bien d'avoir un chat chez soi", confie Damien Lesage, qui partage le canapé de son appartement à Colombes (Hauts-de-Seine) avec sa compagne et Hermès, son matou.

"On continue les jeux et câlins à gogo comme d'habitude", se réjouit Barbara Boillon, au chômage partiel, "rassurée" d'être chez elle avec ses deux chiens et son chat, à Loisey (Meuse).

"Attention à ne pas trop psychoter car l'humain transmet son stress aux animaux" et à "ne pas trop les couver", prévient Jean-Luc Charpentier, éducateur canin à La Chaise (Aube), car des liens trop fusionnels provoquent des troubles comportementaux (dégâts matériels, auto-mutilation, morsure).

De son côté, la SPA rappelle que le Covid-19 "n’atteint pas les animaux de compagnie comme les chiens et les chats", tout comme les animaux d'élevage.

Elle redoute plutôt une saturation des refuges, fermés au public en raison des mesures de confinement. Mais n'est pas submergée par les abandons contrairement à de fausses informations circulant sur les réseaux sociaux.

"Certains animaux qui ont acquis une place dans la sphère familiale peuvent la voir vaciller" car "dans les périodes fragiles tout est renégociable", avertit toutefois Jérôme Michalon, sociologue spécialisé dans la relation entre humains et animaux, soulignant le "statut précaire" de ces derniers en temps de crise.