L'ancien président Barack Obama devait prononcer mercredi soir un sévère réquisitoire contre son successeur Donald Trump qui n'a, selon lui, "jamais" pris la mesure de son poste sur les quatre années écoulées.

Au-delà du discours du 44e président, très attendu, la convention nationale démocrate accueillera la sénatrice Kamala Harris, colistière de Joe Biden, qui portera les couleurs démocrates le 3 novembre.

"J'ai espéré, pour le bien de notre pays, que Donald Trump puisse montrer l'envie de prendre son rôle au sérieux, qu'il puisse ressentir le poids de la fonction", devait déclarer M. Obama, selon des extraits de son discours diffusés à l'avance.

"Mais il ne l'a jamais fait", devait ajouter le jeune retraité de l'arène politique, âgé de 59 ans.

"Les conséquences de cet échec sont graves: 170.000 Américains morts, des millions d'emplois perdus, nos pires instincts libérés, notre glorieuse réputation autour du monde grandement ternie", devait-il ajouter.

"C'est ce qui est en jeu aujourd'hui: notre démocratie".

La grand-messe démocrate, organisée cette année totalement en ligne en raison du Covid-19, est censé monter en puissance jusqu'au discours final jeudi de Joe Biden, 77 ans.

Kamala Harris, 55 ans, devrait officiellement être intronisée comme candidate à la vice-présidence. Elle prononcera son discours à Wilmington, la ville de M. Biden dans l'Etat du Delaware devenue également celle du QG de sa campagne électorale.

Pour l'ex-procureure générale de Californie, choisie par M. Biden il y a huit jours, il s'agira de la deuxième grande occasion publique de démonter, avec son expérience des réquisitoires, le bilan de trois ans et demi de présidence de Donald Trump. Devraient être présents dans la salle M. Biden, son épouse Jill et le mari de Kamala Harris.

Le camp démocrate attend de cette fille d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, illustrant le rêve américain des immigrés, qu'elle rassemble les votants issus des minorités ethniques, une part de l'électorat qui avait cruellement fait défaut à Hillary Clinton en 2016.

L'ex-candidate malheureuse prendra aussi la parole mercredi. Elle qui a échoué à devenir la première présidente des Etats-Unis sera peut-être témoin de la première accession d'une femme au poste de vice-présidente, si le "ticket" Biden-Harris remporte le scrutin dans 75 jours.

"Depuis quatre ans, les gens me disent +Je n'avais pas réalisé combien il était dangereux+ (...) ou pire +J'aurais du voter", devait-elle déclarer, appelant à la mobilisation pour éviter que les lendemains de l'élection ne soient, une nouvelle fois, ceux de la déception et des regrets.

Barack Obama, sera le troisième ex-président à soutenir Joe Biden à la convention, après Bill Clinton et Jimmy Carter, toujours actif malgré ses 95 ans.

- Trump, discours "en direct" -

En face, Donald Trump continue à jouer l'effet de contraste avec celui qu'il surnomme "Sleepy Joe" en multipliant les déplacements, du Wisconsin à l'Arizona.

L'effacement de M. Biden, la rareté de ses sorties de son domicile et le fait qu'il n'organise pas de conférences de presse sont devenus l'un des principaux arguments des républicains pour tenter d'affaiblir ce grognard de la politique, qui caracole pourtant en tête des sondages.

Cette dichotomie reflète le point de déchirement actuel de la société américaine: celle-ci est tiraillée entre l'appel du camp Trump à reprendre les activités dans un pays qui serait de nouveau en plein essor économique et de l'autre l'écoute du camp démocrate qui décrit un exécutif dépassé par la crise sanitaire et dont la précipitation supposée aggraverait le chaos.

Familier des gaffes et suscitant des interrogations sur sa forme physique, M. Biden sera donc attendu au tournant pour son discours jeudi soir. Juste avant lui s'exprimera Pete Buttigieg, un ex-candidat à la primaire démocrate et étoile montante incarnant la relève.

La convention nationale républicaine, très largement virtuelle et revue à la baisse, se tiendra elle la semaine prochaine, du 24 au 27 août.

M. Trump sera officiellement désigné candidat pour un second mandat.

Il prononcera son discours d'acceptation en direct depuis la Maison Blanche, un édifice fédéral, ses adversaires lui reprochant de brouiller à l'occasion les lignes entre ce qui relève de sa fonction et ce qui s'inscrit dans sa campagne.