L'évacuation prévue vendredi de 24 Yéménites malades de la capitale Sanaa contrôlée par les rebelles vers Amman a été reportée, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS), appelant toutes les parties à oeuvrer pour ouvrir ce "pont aérien médical" au Yémen en guerre.

"Malheureusement l'avion n'a pas décollé aujourd'hui comme prévu" pour des "raisons techniques", a déclaré à l'AFP une porte-parole de l'OMS, ajoutant que l'évacuation -la deuxième opération du genre depuis 2016- devrait avoir lieu "dans quelques jours".

"Nous appelons toutes les parties impliquées à oeuvrer pour que cette opération de pont aérien médical aboutisse", a-t-elle ajouté.

Lundi, sept enfants malades avaient été évacués de Sanaa vers la Jordanie. Un deuxième avion devait décoller vendredi de Sanaa, les Nations unies cherchant à mener d'autres transferts similaires.

Le Yémen est ravagé par un conflit depuis 2014 qui a provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU. Il oppose les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui se sont emparés de vastes pans du territoire, aux forces du gouvernement appuyées depuis 2015 par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite.

En novembre, la coalition -qui contrôle l'espace aérien yéménite- a annoncé que les patients ayant besoin de soins médicaux à l'étranger seraient autorisés à quitter la capitale via l'aéroport de Sanaa, fermé aux vols commerciaux depuis 2016.

Les évacuations entrent dans le cadre de mesures qui visent à la détente entre les belligérants, et l'ouverture d'un pont aérien est un rare "signe d'espoir", selon Lise Grande, coordinatrice humanitaire de l'ONU au Yémen.

Cela pourrait être le prélude à la réouverture de l'aéroport de Sanaa que les rebelles ne cessent de demander. La coalition l'a jusqu'ici refusée, disant craindre un acheminement d'armes aux insurgés.

"C'est le premier de ce que nous espérons être un certain nombre de vols du pont aérien médical", avait déclaré lundi Lise Grande, ajoutant que plusieurs évacuations auraient lieu dans les prochains jours vers la Jordanie et l'Egypte après deux ans de travail avec les protagonistes au Yémen.

Selon diverses organisations humanitaires, la guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU.