Près de 11.000 Hongkongais sont partis vivre à Taïwan en 2020, un record, ont annoncé les autorités taïwanaises, dans un contexte de reprise en main de l'ex-colonie britannique par le pouvoir central chinois.

Au total, 10.813 Hongkongais ont obtenu un titre de séjour de courte durée sur l'île en 2020, soit près du double de l'année précédente, où ils avaient été 5.858, selon l'Agence nationale taïwanaise pour l'Immigration.

Taïwan attire de longue date les Hongkongais désireux de trouver un train de vie plus tranquille et d'échapper à la frénésie du territoire semi-autonome du sud de la Chine.

Le précédent record -7.506- avait été enregistré en 2014, année où l'ex-colonie britannique avait été ébranlée par le "Mouvement des parapluies", vaste mobilisation populaire de contestation de la tutelle chinoise.

Le Liberty Times de Taïwan rapporte que le nombre de Hongkongais arrivant sur l'île aurait probablement été plus élevé encore si ce mouvement n'avait pas été freiné par les restrictions aux frontières ordonnées pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Taïwan n'accepte aucun réfugié sur son sol, et ce pour ne pas provoquer d'afflux massif de personnes de Chine continentale.

Mais les Hongkongais peuvent demander à résider sur l'île en vertu d'autres mécanismes, au travers notamment des visas d'investissement.

Hong Kong a été en 2019 pendant plusieurs mois le théâtre d'une immense mobilisation populaire pour demander des réformes démocratiques et dénoncer les ingérences de Pékin dans les affaires du territoire censé jouir d'une vaste autonomie.

Et le pouvoir chinois a engagé en 2020 une reprise en main musclée de sa région, en lui imposant notamment une loi draconienne sur la sécurité nationale qui a entraîné de nombreux départs en exil.

La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, bête noire de Pékin, a promis de soutenir le camp pro-démocratie hongkongais et créé l'an passé un bureau spécial pour s'occuper des Hongkongais cherchant à partir vivre sur l'île.

L'été dernier, 12 militants avait été arrêtés par les gardes-côtes chinois alors qu'ils tentaient de fuir par la mer jusque Taïwan.