Le sénateur socialiste Bernie Sanders et les centristes Pete Buttigieg et Amy Klobuchar se détachaient mardi, selon des premiers résultats très partiels de la primaire démocrate du New Hampshire, nouvelle étape dans une compétition très indécise dont le vainqueur défiera Donald Trump lors de la présidentielle de novembre.

La plupart des bureaux de vote ont fermé à 19H00 (00H00 GMT) et selon les premiers résultats portant sur 15% des bulletins dépouillés à 20H00 (01H00 GMT), Bernie Sanders remportait 28% des voix, l'ex-maire Pete Buttigieg 22% et la sénatrice modérée Amy Klobuchar 20%.

Après avoir survolé les sondages nationaux ces derniers mois, Joe Biden n'arrivait que quatrième, avec seulement 8% des voix.

Il était devancé par la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, troisième avec 9% des voix.

L'ancien vice-président de Barack Obama avait semblé, plusieurs heures plus tôt, se résoudre à une déception dans cet Etat frontalier du Canada, deux semaines après un premier revers dans l'Iowa, où il était arrivé quatrième: Joe Biden a de façon surprise annulé sa soirée de campagne dans le New Hampshire pour mettre le cap sur l'Etat de Caroline du Sud, où il compte se relancer.

"Je n'abandonne pas le New Hampshire", a assuré le septuagénaire modéré, en justifiant son absence au soir du scrutin par la succession de deux meetings de campagne, en Caroline du Sud et dans le Nevada, les deux prochains Etats à voter dans les primaires.

Derrière MM. Sanders et Buttigieg, dans un mouchoir de poche avec M. Biden, les autres grands candidats à l'investiture démocrate espèrent créer la surprise, trouver un nouveau souffle... ou éviter l'effondrement de leur campagne.

Tirant les conclusions de premiers résultats décevants, l'entrepreneur Andrew Yang, qui avait pour proposition phare l'instauration d'un revenu universel, a annoncé se retirer de la course mardi soir.

- Visions divergeantes -

Les candidats ont fait campagne jusqu'au dernier moment pour arracher les faveurs des électeurs de ce petit Etat du nord-est du pays. Et Pete Buttigieg, à 38 ans le plus jeune d'entre eux, se prêtait encore au jeu des selfies mardi devant plusieurs bureaux de vote.

"Le choix que vous faites aujourd'hui déterminera l'avenir de notre nation", a-t-il déclaré sur Twitter, appelant a "bâtir une coalition pour battre Trump en novembre."

C'est lui qui l'avait emporté d'un cheveu devant Bernie Sanders le 3 février lors d'assemblées d'électeurs dans l'Iowa, premier Etat à voter pour ces primaires. Cette fois-ci, le scrutin se tient à bulletin secret.

Mike Schowalter, avocat de 39 ans, a voté pour Bernie Sanders. "Je pense que beaucoup de choses dans notre pays sont cassées", a-t-il confié à l'AFP depuis un centre aéré à Concord.

Les onze rivaux en lice pour le défier en novembre, ainsi que leurs électeurs, s'accordent sur un point: il faut battre Donald Trump.

Mais leurs visions divergent.

A la gauche du parti, prônant une "révolution" politique afin de parvenir à une société plus égalitaire, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, arrivait confiant dans cet Etat, voisin de son fief du Vermont.

Il est suivi par Pete Buttigieg, l'ex-maire de la ville de South Bend (100.000 habitants). Ancien militaire, premier candidat ouvertement homosexuel aussi bien placé dans la course à la Maison Blanche, il plaide pour une politique "réaliste" et de main tendue aux électeurs indépendants et républicains, tout en critiquant le financement du programme de M. Sanders.

- Bloomberg omniprésent -

Derrière eux, la pression s'accentue sur Joe Biden. Fort d'une longue expérience politique, il se présente en meilleur atout pour battre Donald Trump.

Son équipe a martelé qu'il n'abandonnerait pas la course "quoiqu'il arrive" mardi. Elle table sur une bonne performance en Caroline du Sud, qui votera le 29 février. Là-bas, la population noire est très importante et reste acquise à l'ancien vice-président.

Luttant pour sa survie, M. Biden attaque son rival au centre Pete Buttigieg, en épinglant son manque d'expérience en politique nationale. Il n'épargne pas non plus Bernie Sanders, affirmant qu'il serait "difficile" de se rallier derrière un candidat "socialiste".

Une bataille qui se joue sous l'oeil ironique de Donald Trump.

Lors d'un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale, le président américain s'en est pris avec une virulence particulière à l'ancien maire de New York et milliardaire Michael Bloomberg, un "poids léger", selon le président.

Omniprésent alors même qu'il fait l'impasse sur les quatre premiers votes des primaires, M. Bloomberg a grimpé jusqu'à la troisième place dans un sondage au niveau national publié lundi.

Disposant de moyens financiers quasi-illimités, Michael Bloomberg inonde de publicités la quinzaine d'Etats qui voteront lorsqu'il entrera en lice le 3 mars pour le "Super Tuesday".