Plus de 40 ans les séparent: Pete Buttigieg et Bernie Sanders sont vendredi les vedettes du débat démocrate à Manchester, à quatre jours de la primaire dans le New Hampshire et après avoir chacun revendiqué la victoire dans l'Iowa.

Sept candidats se sont qualifiés pour ce huitième débat électoral, qui débute à 20H00 locales (01H00 GMT samedi) et dans lequel les deux vainqueurs revendiqués du suffrage de lundi seront les cibles privilégiées.

Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont âgé de 78 ans et "socialiste" autoproclamé, a ainsi dénoncé vendredi les "donateurs milliardaires" de "Mayor Pete".

"J'aime bien Pete Buttigieg, un gars sympa. Mais en ce moment les milliardaires contrôlent non seulement notre économie mais aussi notre vie politique", a-t-il affirmé.

Pete Buttigieg, ancien maire d'une petite ville de l'Indiana et candidat modéré de 38 ans, a créé la surprise dans le Midwest en battant sur le fil M. Sanders.

Ils ont revendiqué chacun la victoire dans l'Iowa selon des critères différents, au nombre de délégués pour M. Buttigieg et dans le vote populaire pour M. Sanders.

Le scrutin, qui ouvrait la saison des primaires, a pourtant tourné au fiasco. Les résultats officiels, diffusés seulement jeudi, étaient truffés d'erreur et le parti démocrate a dû se résoudre à ne déclarer aucun vainqueur tant que les bulletins n'auront pas été revérifiés.

- Nouvelle dynamique -

Mais l'Iowa a créé une nouvelle dynamique pour les deux candidats qui se retrouvent au coude-à-coude dans le New Hampshire, selon un sondage diffusé jeudi soir par le Boston Globe.

La cote de Pete Buttigieg n'a cessé de grimper depuis l'Iowa et, avec 23% des intentions de vote, il talonne désormais Bernie Sanders (24%). La sénatrice progressiste Elizabeth Warren est distancée avec 13% alors que l'ancien vice-président de Barack Obama Joe Biden est encore plus loin (11%).

"Nous savons que nous sommes encore les outsiders, mais nous sommes animés par le même espoir et la même vision d'une politique meilleure qui construit une nouvelle majorité pour le changement", a assuré vendredi sur Twitter Pete Buttigieg, ancien militaire qui vit ouvertement son homosexualité.

Neil Levesque, directeur de l'Institut de politique du Saint Anselm College à Manchester, a rappelé à l'AFP que l'ancien élu local a longtemps été "pris à la légère" alors qu'il "fait de bons scores depuis l'été" dans les sondages dans cet Etat du nord-est du pays.

Bernie Sanders, adversaire malheureux d'Hillary Clinton en 2016, s'est pour sa part dit vendredi "fier" de sa victoire dans l'Iowa lors d'une réunion à Manchester.

Sur Twitter, il a affirmé mener "la campagne la plus forte pour battre Donald Trump", après avoir annoncé une levée de fonds record de 25 millions de dollars en janvier.

- "Un gars sympa" -

Derrière le duo Sanders-Buttigieg, les autres candidats démocrates tentent de relancer leur campagne.

Joe Biden, 77 ans, qui insiste sur son passé de sénateur pendant 36 ans et de bras droit de Barack Obama, a ironisé mercredi sur le manque d'expérience de M. Buttigieg en le qualifiant de "maire de 100.000 habitants", en référence à son mandat à South Bend entre 2012 et 2019.

M. Biden a également souligné sa propre capacité à rassembler alors que l'étiquette socialiste de Bernie Sanders pourrait faire fuir les électeurs modérés et bénéficier au républicain Donald Trump.

Pour Neil Levesque, l'ancien vice-président "a beaucoup à perdre" dans le New Hampshire. "Il doit vraiment se reprendre" pour éviter une nouvelle contre-performance qui serait "difficile" pour sa candidature, dit l'expert.

Joe Biden a réorganisé son équipe de campagne et a nommé une stratégiste de renom pour la diriger. Il espère se refaire à la primaire suivante, le 22 février au Nevada, et rebondir en Caroline du Sud, le 29 février, alors que l'électorat noir et religieux lui est largement favorable.

Ces primaires se déroulent également dans l'ombre de Michael Bloomberg, l'ancien maire de New York qui entend incarner comme M. Biden l'aile modérée du parti.

Milliardaire au budget quasiment illimité, il a dépensé plusieurs centaines de millions de dollars de spots télévisés et sur internet pour son entrée en lice lors du "Super Mardi", quand 14 Etats voteront le 3 mars.

Il ne participera donc pas au débat de vendredi soir, à l'inverse de la sénatrice modérée Amy Klobuchar, de l'homme d'affaires Andrew Yang et d'un autre milliardaire, Tom Steyer. Tous les trois sont loin derrière le quatuor de tête dans les sondages.