Après avoir décoché de vives critiques, le sénateur indépendant Bernie Sanders semblait prêt mardi à attaquer directement ses grands rivaux lors d'un débat démocrate promettant d'être électrique, dernière joute télévisée avant le vote très attendu dans l'Iowa qui marquera le coup d'envoi de la primaire.

Alors que la course avait débuté avec une diversité record au sein des candidats espérant défier le républicain Donald Trump en novembre, les six participants sur le plateau seront, pour la première fois, blancs.

Un fait qu'avait déploré le sénateur Cory Booker juste avant quitter la course lundi.

L'ancien vice-président Joe Biden, favori dans les sondages nationaux, Bernie Sanders, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, l'ex-maire Pete Buttigieg, la sénatrice modérée Amy Klobuchar et le milliardaire Tom Steyer débattront durant deux heures, à partir de 02H00 GMT.

Brandissant des pancartes à leurs noms, leurs supporteurs étaient rassemblés sur le site, à Des Moines, dans l'Iowa.

Des partisans de Donald Trump avaient aussi fait le voyage, une bannière affirmant que le président se "bat pour les agriculteurs de l'Iowa" traversant le ciel bleu de cette journée froide.

Le milliardaire avait d'ailleurs organisé un meeting de campagne, qui devait démarrer peu avant le débat, dans l'Etat voisin du Wisconsin.

Etat rural peu peuplé, l'Iowa pourrait avoir une grande influence sur la course démocrate puisqu'il sera le premier à voter, le 3 février. Les sondages y sont extrêmement serrés entre quatre favoris: Biden, Sanders, Buttigieg et Warren.

- Bernie à l'attaque -

Fort de sa bonne place dans les intentions de vote et de levées de fonds impressionnantes en 2019 auprès de ses supporteurs, le socialiste Bernie Sanders n'épargne plus ses rivaux depuis quelques jours.

Après avoir fait passer des critiques virulentes contre Joe Biden par ses responsables de campagne ce week-end, il s'est attaqué de front mardi à l'ancien vice-président dans une vidéo éreintant ses choix, lorsqu'il était sénateur, sur la guerre en Irak, les coupes dans les protections pour les plus modestes etc.

"Quand on observe mon bilan face au bilan de Joe Biden, je ne pense pas que le bilan de Biden puisse apporter l'énergie dont nous avons besoin pour battre Trump", a-t-il écrit.

De quoi promettre des étincelles sur le plateau.

D'autant que la température est aussi montée ces derniers jours entre les deux principaux candidats progressistes de la primaire, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, qui avaient maintenu jusqu'ici un front amical.

Tout est parti d'un article de Politico affirmant ce week-end que l'équipe de campagne de Bernie Sanders donnait comme consigne à ses volontaires de dépeindre sa rivale comme une candidate des élites.

"Je suis déçue d'apprendre que Bernie envoie ses volontaires me salir", a réagi Elizabeth Warren.

Alors que l'ambiance était déjà tendue, une autre polémique a explosé avec un article de CNN.

La chaîne a affirmé que M. Sanders avait déclaré à sa rivale qu'une femme ne pourrait pas gagner la présidentielle contre Donald Trump, alors même qu'elle venait de lui confier, fin 2018, qu'elle comptait se présenter.

"Ridicule", a réagi Bernie Sanders.

Embarrassant: Elizabeth Warren a pourtant ensuite confirmé ces informations dans un communiqué officiel: "J'ai dit qu'une femme pourrait gagner, il n'était pas d'accord".

Ces fuites gênantes dans la presse coïncident avec la nouvelle position renforcée de Bernie Sanders dans la primaire.

Largement épargné lors des précédents débats, le socialiste devrait donc cette fois faire l'objet des piques de ses rivaux.

Âgé de 78 ans, le sénateur pourrait notamment être attaqué sur son âge et sa forme, après avoir fait une crise cardiaque le 1er octobre, dont il s'est bien remis selon ses médecins.

Joe Biden arrive lui fort du soutien nouvellement annoncé de plusieurs jeunes élus qui ont remporté en 2018 leurs mandats dans des circonscriptions républicaines.

Un bon point pour appuyer son image de candidat à même de regagner certains électeurs qui avaient basculé en faveur de Donald Trump en 2016, notamment dans les bassins ouvriers.

Mais ce vétéran de la politique de 77 ans doit aussi faire face aux doutes sur son âge, alimentés par ses gaffes. Et aux critiques qui, comme Bernie Sanders, voient dans son bilan un handicap lors d'un éventuel duel face à Donald Trump le 3 novembre.