Le sénateur socialiste Bernie Sanders et le centriste Pete Buttigieg, en posture de favoris, se disputaient mardi les suffrages des démocrates du New Hampshire, nouvelle étape dans une compétition très indécise dont le vainqueur défiera Donald Trump à la présidentielle de novembre.

Après avoir survolé les sondages nationaux ces derniers mois, Joe Biden semblait se résoudre à une déception dans cet Etat frontalier du Canada, deux semaines après un premier revers dans l'Iowa, où il était arrivé quatrième: l'ancien vice-président de Barack Obama a de façon surprise annulé sa soirée de campagne dans le New Hampshire pour mettre le cap sur l'Etat de Caroline du Sud, où il compte se relancer.

"Je n'abandonne pas le New Hampshire", a assuré le septuagénaire modéré, en justifiant son absence au soir du scrutin par la succession de deux meetings de campagne, en Caroline du Sud et dans le Nevada, les deux prochains Etats à voter dans les primaires.

Derrière MM. Sanders et Buttigieg, dans un mouchoir de poche avec M. Biden, les autres grands candidats à l'investiture démocrate espèrent créer la surprise, trouver un nouveau souffle... ou éviter l'effondrement de leur campagne.

Dans la moyenne des sondages du New Hampshire, Joe Biden n'arrive que quatrième ex-aequo avec la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, juste derrière l'autre sénatrice Amy Klobuchar, qui partage avec lui des idées centristes.

Dans la majorité de l'Etat, les bureaux ont ouvert à partir de 06H00 (11H00 GMT) et permettront aux électeurs de voter jusqu'à 20H00 (01H00 GMT mercredi).

- Visions divergeantes -

Les candidats ont fait campagne jusque tard lundi pour arracher les faveurs des électeurs de ce petit Etat du nord-est du pays. Et Pete Buttigieg, à 38 ans le plus jeune d'entre eux, se prêtait encore au jeu des selfies mardi matin devant plusieurs bureaux de vote.

"Le choix que vous faites aujourd'hui déterminera l'avenir de notre nation", a-t-il déclaré sur Twitter, appelant a "bâtir une coalition pour battre Trump en novembre."

C'est lui qui l'avait emporté d'un cheveu devant Bernie Sanders le 3 février lors d'assemblées d'électeurs dans l'Iowa, premier Etat à voter pour ces primaires. Cette fois-ci, le scrutin se tient à bulletin secret.

Mike Schowalter, avocat de 39 ans, a voté pour Bernie Sanders. "Je pense que beaucoup de choses dans notre pays sont cassées", a-t-il confié à l'AFP depuis un centre aéré à Concord.

John Williams, dans ce même bureau de vote, s'attendait à une "plutôt bonne participation" électorale, malgré la neige.

Les onze rivaux en lice pour le défier en novembre, ainsi que leurs électeurs, s'accordent sur un point: il faut battre Donald Trump.

Mais leurs visions divergent.

A la gauche du parti, prônant une "révolution" politique afin de parvenir à une société plus égalitaire, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, domine confortablement les sondages dans cet Etat, voisin de son fief du Vermont.

Il est suivi par Pete Buttigieg, l'ex-maire de la ville de South Bend (100.000 habitants). Ancien militaire, premier candidat ouvertement homosexuel aussi bien placé dans la course à la Maison Blanche, il plaide pour une politique "réaliste" et de main tendue aux électeurs indépendants et républicains, tout en critiquant le financement du programme de M. Sanders.

- Bloomberg omniprésent -

Derrière eux, la pression est forte sur Joe Biden. Fort d'une longue expérience politique, il se présente en meilleur atout pour battre Donald Trump.

Son équipe a martelé qu'il n'abandonnerait pas la course "quoiqu'il arrive" mardi. Elle table sur une bonne performance en Caroline du Sud, qui votera le 29 février. Là-bas, la population noire est très importante et reste acquise à l'ancien vice-président.

Luttant pour sa survie, M. Biden attaque son rival au centre Pete Buttigieg, en épinglant son manque d'expérience en politique nationale. Il n'épargne pas non plus Bernie Sanders, affirmant qu'il serait "difficile" de se rallier derrière un candidat "socialiste".

Une bataille qui se joue sous l'oeil ironique de Donald Trump.

Lors d'un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale, le président américain s'en est pris avec une virulence particulière à l'ancien maire de New York et milliardaire Michael Bloomberg.

Omniprésent alors même qu'il fait l'impasse sur les quatre premiers votes des primaires, M. Bloomberg a grimpé jusqu'à la troisième place dans un sondage au niveau national publié lundi.

"C'est un poids léger", a taclé Donald Trump "C'est l'un des plus mauvais débatteurs qui soit, il n'a aucune présence", a-t-il lancé. "Honnêtement, je préférerais être face à Bloomberg que Sanders, parce que Sanders a de vrais partisans, que cela vous plaise ou non (...) Bloomberg lui achète sa place dans la course".

Disposant de moyens financiers quasi-illimités, Michael Bloomberg inonde de publicités la quinzaine d'Etats qui voteront lorsqu'il entrera en lice le 3 mars pour le "Super Tuesday".